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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 03:56

Ça fait une éternité que je n'ai pas écrit sur mon blogue, littéralement. Ce soir, je décide de commencer une série d'articles pour en quelque sorte documenter mon cheminement de pensée lors de cette crise historique au Québec. L'idée m'est venue parce que j'affiche vraiment trop d'articles sur facebook (mes amis anglophones ont dû bloquer mes nouvelles depuis belle lurette), mais que j'en affiche pas assez à mon goût.

 

En même temps, ce blogue va me permettre de réfléchir un peu à tout ce qui se passe en ce moment. C'est toujours plus efficace d'essayer de bien analyser la situation, même si les émotions sont bien présentes et voudraient guider les actions.

 

D'abord, petit descriptif. Je ne suis pas une fille très mobilisée, généralement. J'ai quand même une tendance de gauche, mais qui n'a jamais été très intense ou recherchée. D'ailleurs, je penchais souvent du bord des médias sur les questions de grèves de travailleurs qui, selon moi, en avaient déjà bien en masse (de revenus, bonnes conditions, etc).

 

Quand est venu le moment de choisir si j'étais pour ou contre la hausse, ça c'était clair. S'il y a une chose de bien au Québec, ce sont les services sociaux et surtout l'accès à l'éducation. Pour ce qui est d'être pour ou contre la grève, j'étais pour, mais du bout des lèvres. Le fait que j'étais fondatrice et présidente d'une association étudiante naissante et nouvellement accréditée a eu un petit peu de poids pour faire balancer ma prise de position. Quel représentante d'étudiants ne se battrait pas pour les étudiants qu'elle représente ou ceux qui seront représentés par ses successeurs?

 

Après cela, une prise de conscience graduelle s'est établie. À mon université, l'Université du Québec en Outaouais (UQO), une hausse des frais de scolarité sera très "débandante". Juste à côté, à Ottawa, serait une grande université mieux connue, où les frais seraient similaires, offrant des programmes en français et beaucoup de bourses pour combler le petit écart qu'il resterait dans les frais de scolarité des deux établissements. Par la suite, j'ai lu sur l'effet d'une telle hausse. Moins de gens provenant de milieux moins aisés / de la classe moyenne étudieraient. Souvent, un gouvernement qui prend une telle décision se retire tranquillement de faire sa part pour payer les frais de scolarité et pousse les établissements à aller vers d'autres sources de revenus. Moins d'étudiants entameraient des études (bien qu'une partie puisse être temporaire les premières années, l'effet dévastateur serait permanant à l'UQO). Les étudiants issus de la classe moyenne avec peu de soutien des familles auraient le plus à faire le choix entre travailler (mettre son apprentissage en jeu) et être endetté pendant de nombreuses années par la suite (à moins d'être chanceux et d'obtenir un emploi payant - par exemple au gouvernement fédéral, situation dans laquelle certains amis "pro-hausse" se retrouvent, surtout dans cette région-ci).

 

En plus, d'après tout ce que je lis sur les avantages des compagnies en termes de frais d'utilisation des ressources, allègement des impôts, etc., je me dis qu'il y aurait des façons beaucoup plus profitables pour la société de trouver des ressources financières pour financer l'éducation. Il me reste beaucoup à en lire sur ce sujet, mais je crois en avoir assez lu pour comprendre que la hausse des frais de scolarité n'est pas une nécessité et serait néfaste pour toute la société.

 

Bon, ça c'est au sujet de la hausse. Depuis le début, j'ai voté pour la grève étudiante, car je crois que c'est le meilleur moyen pour se faire entendre du gouvernement. Ou plutôt je croyais. Je me rends maintenant compte que j'ai tout faux. La seule chose qui fera bouger le gouvernement, surtout en période pré-électorale (selon tout le monde sauf le gouvernement), c'est l'opinion publique. Malheureusement, le mouvement étudiant a beaucoup moins de ressources pour faire cela. De plus, en général les étudiants sont réticents à utiliser les tactiques stratégiques de manipulation des foules du gouvernement. Elles le font, mais d'une façon "idéologique" (que j'appelerais), et non d'une façon stratégique. C'est malheureux, car le gouvernement bougerait sans aucun doute si la population était en général contre la hausse.

 

Et là, et là... J'en aurai beaucoup à dire sur les tactiques du gouvernement. Mais ça sera pour un autre soir. 

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