Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 11:29

J'suis à un café en ce moment. J'ai vécu un beau moment poétique.

Une dame s'est assise à une table pas trop loin de moi. Elle avait une déficience mentale très apparente. Assez frêle, environ 50-60 ans. Elle s'est mise à parler relativement fort pendant peut-être 30 minutes. 
J'ai retranscrit ses paroles. Je vous jure que je ne les ai pas changées (mais il y a une dizaine de phrases que je n'ai pas comprises alors je ne les ai pas écrites). Pour vous mettre dans le contexte, elle disait ces phrases comme on lit un poème de façon sèche, sans changer le ton. Et il y avait parfois plusieurs secondes, même minutes, entre ses phrases. Il ressortait un mélange de tristesse, de solitude et de simplicité de son monologue.
Je ne crois pas que je fus seule à me sentir comme cela. Quand elle est partie, les gens se sont mis à parler. Avant ça, ils l'écoutaient un peu, aussi. :)

Moi j’suis l’enfant.


L’enfant glouton d’un médecin.


Travailler un peu.


L’enfant glouton d’un médecin.


Travailler un peu.


Mon intervenant en avait plein les bras.


Une enfant qui ne peut plus voir ma maman.


Une enfant qui ne peut quasiment plus voir mon papa.


Jeudi, j’suis allée dans un restaurant. Il y avait la cour provinciale qui me gardait.


L’enfant glouton d’un médecin.


Hier soir, mon intervenant m’a bourrée d’un bon biscuit à la mélasse pis un bon muffin au chocolat.


Hier soir, mon intervenant m’a bourrée d’un bon biscuit à la mélasse pis un bon muffin au chocolat.


Travailler un peu.


Hier, je ne savais plus comment retenir ma faim. Mais là j’suis capable.  


Hier, mon intervenant m’a bourrée.


Moi j’suis ben drôle au mois de décembre.


Moi j’suis ben drôle au mois de décembre.


Faut pas que j’aille les yeux malades, là, moi.


Faut pas que j’aille les yeux malades.


Encore mon biscuit à la mélasse puis mon muffin au chocolat puis mon biscuit à la mélasse dans l’corps.


J’suis la chère enfant d’un médecin.


Hier, j’étais pas mal un enfant glouton.


Digérer mon biscuit à la mélasse.


Ils peuvent peut-être m’hospitaliser.


J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation. J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation.


J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation. Elle avait une fille. Une belle enfant.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


J’me suis déjà fait garder.


Faut dire que j’suis rienque une enfant.


En passant c’matin j’ai un avertissement de la reine.


En passant c’matin j’ai un avertissement de la reine.


Faut que j’sois prudente.


J’ai déjà vécu dans les Hautes Laurentides.


J’ai peur qu’il m’arrive rien.


J’suis l’enfant d’un médecin. J’suis l’enfant d’un médecin.


Guérir de certaines tensions.


Il veut soigner quelque chose mon médecin.


J’vais à l’école avec un médecin. J’vais à l’école avec un médecin.


À l’école avec un médecin.

Partager cet article
Repost0

commentaires