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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 17:13

Je m’attendais à me faire siffler ici. On m’en avait beaucoup parlé. Tu marches dans les rues et y’a des gars en gang qui sifflent et s’entraînent les uns les autres à te dire des conneries. Un ami ici m’a expliqué que les gars font surtout ça pour montrer à leurs chums qu’ils sont game. Quand il m’a dit que lui, quand une fille lui plaisait, il allait lui parler, j’ai presque crié « Oui! ». Malheureusement, le sifflage donne l’impression que tous les gars ici sifflent, car on les remarque plus que ceux qui restent calmes (mais qui sont apparemment quand même trop gênés pour venir nous parler).

 

Mais une chose à laquelle je ne m’attendais pas c’était de ne pas pouvoir danser à l’aise et de me sentir vraiment comme un morceau de viande. Hier, je suis allée voir un show avec des amis québécois. La musique était intéressante, au début un style plus rock, puis de la musique latine avec un band énergique.

 

D’abord, il doit pas exister public plus amorphe. Je ne m’attendais pas du tout à cela, ayant dans la tête l’idée qu’en terre latine, c’est généralement énergique. Entre les chansons, il y avait environ une personne sur 30 qui applaudissait et une personne sur 100 qui criait (et y’avait max 300 personnes alors devinez qui criait  ). Il y a eu à moment donné une gang de jeunes hommes qui se sont mis à sauter en suivant la musique et ils étaient pas mal seuls à se laisser aller. Chez les autres, personne ne bougeait en suivant le rythme. Seuls quelques couples se sont mis à danser devant la scène quelques minutes avant qu’on parte. 

 

Moi, ayant décidé que je m’amuserais même si la foule était tranquille, je me suis mise à danser, et j’ai bougé pas mal tout le long que j’étais là. Je ne regardais pas les gens car c’était plutôt malaisant. Il y avait plusieurs personnes, surtout des gars, qui me fixaient du regard. Puis, un homme est venu se planter drette devant moi à un mètre et il m’a tranquillement regardé d’haut en bas. La moutarde m’est un peu montée au nez. Je l’ai regardé avec les bras ouvert exprimant « c’est quoi ton problème » et lui de m’exprimer par son attitude « ben hey bebé, tsé veux dire wink wink ». Comme il partait pas j’ai croisé les bras, fâchée, et nous avons décidé de partir. 

 

Un autre exemple fut de la nuit pendant laquelle nous sommes sortis au Club Lion (ici c’est l’endroit où les jeunes peuvent aller danser lors de soirées de temps en temps – et oui, c’est quand même un Club Lion comme chez nous!). D’abord, les gens dansent vraiment intense – et c’est encore plus vrai maintenant que je sais que lors des shows ils sont si tranquilles. J’ai quand même dansé avec un gars à moment donné, quoiqu’en gardant mes distances. Eh ben pendant la danse il a fait un petit signe de tête à ses chums voulant dire « regardez-moi comment j’suis hot je danse avec la gringa ». Penses-tu que tu vas danser à nouveau avec moi?

 

Puis dernière péripétie d'aujourd'hui, mon amie s'est fait pogner une fesse alors qu'on marchait... juste devant le poste de police! Par un ado de 14-15 ans de surcroit! J'étais vraiment fàchée, et lui il était vraiment bizarre, il ràlait pratiquement en nous suivant. Plus tard ma mère d'accueil m'a dit qu'on avait le droit de leur donner une claque à ceux qui font ça. Regardez-moi aller! Mais ça emmène quand mème la réflexion que si j'le gifle, j'approuve le fait que je suis la personne responsable de ne pas me faire agresser en répliquant par de la violence aussi. Je joue le jeu, finalement. Quelle part de responsabilité a la société pour changer cette dynamique entre hommes et femmes? Et qui, dans la société, sachant entre autres que le gouvernement a plein de chats à fouetter en même temps? 

 

Bref, ce que je comprends de tout ça, c’est qu’on n’a pas les mêmes repères culturels. Pour eux ici, c’était un peu déconcertant de voir déjà quelqu’un bouger un peu, et en plus une femme étrangère. J’imagine qu’ils ne savaient pas comment lire l’information. Mais il reste que la culture ici me semble très machiste. La culture semble encourager les hommes à se voir comme des prédateurs sans contrôle et les femmes comme des prix/proies potentielles. Ça enferme chaque sexe dans une définition mésadaptée pour beaucoup de personnes qui peuvent difficilement sortir du pattern en restant confiants. Bref, je pense que tous sont vraiment chanceux au Canada/Québec. Il reste de l’équilibre à faire, mais on peut de plus en plus se définir comme on veut sans devoir rester dans un pattern de genre qui ne nous ressemble pas. Et je ne parle pas seulement pour les femmes. Je connais plusieurs hommes qui trouvent ça dégradant d’être considérés comme des prédateurs hors contrôle. Mais pour le moment, je suis un peu triste de me dire que je vais pouvoir me laisser aller dans la danse surtout dans la privacité de mon chez-moi, ou dans le Club Lion à me faire dévorer du regard et à essayer de comprendre comment garder une distance confortable en dansant style latin. Triste…

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commentaires

A
Ouais, ça me rappelle quand j'étais au Nicaragua. C'est difficile de s'adapter à une culture, surtout quand on se fait fixer encore plus parce qu'on est une gringa comme tu dis.
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V
<br /> <br /> Oui, c`est pas facile. Je trouve d`ailleurs ça encore plus difficile de me rapprocher de femmes de mon âge en général. Ici, elles ont des enfants ou ne sont simplement pas ici mais dans une<br /> grande ville pour étudier.<br /> <br /> <br /> <br />