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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 11:29

J'suis à un café en ce moment. J'ai vécu un beau moment poétique.

Une dame s'est assise à une table pas trop loin de moi. Elle avait une déficience mentale très apparente. Assez frêle, environ 50-60 ans. Elle s'est mise à parler relativement fort pendant peut-être 30 minutes. 
J'ai retranscrit ses paroles. Je vous jure que je ne les ai pas changées (mais il y a une dizaine de phrases que je n'ai pas comprises alors je ne les ai pas écrites). Pour vous mettre dans le contexte, elle disait ces phrases comme on lit un poème de façon sèche, sans changer le ton. Et il y avait parfois plusieurs secondes, même minutes, entre ses phrases. Il ressortait un mélange de tristesse, de solitude et de simplicité de son monologue.
Je ne crois pas que je fus seule à me sentir comme cela. Quand elle est partie, les gens se sont mis à parler. Avant ça, ils l'écoutaient un peu, aussi. :)

Moi j’suis l’enfant.


L’enfant glouton d’un médecin.


Travailler un peu.


L’enfant glouton d’un médecin.


Travailler un peu.


Mon intervenant en avait plein les bras.


Une enfant qui ne peut plus voir ma maman.


Une enfant qui ne peut quasiment plus voir mon papa.


Jeudi, j’suis allée dans un restaurant. Il y avait la cour provinciale qui me gardait.


L’enfant glouton d’un médecin.


Hier soir, mon intervenant m’a bourrée d’un bon biscuit à la mélasse pis un bon muffin au chocolat.


Hier soir, mon intervenant m’a bourrée d’un bon biscuit à la mélasse pis un bon muffin au chocolat.


Travailler un peu.


Hier, je ne savais plus comment retenir ma faim. Mais là j’suis capable.  


Hier, mon intervenant m’a bourrée.


Moi j’suis ben drôle au mois de décembre.


Moi j’suis ben drôle au mois de décembre.


Faut pas que j’aille les yeux malades, là, moi.


Faut pas que j’aille les yeux malades.


Encore mon biscuit à la mélasse puis mon muffin au chocolat puis mon biscuit à la mélasse dans l’corps.


J’suis la chère enfant d’un médecin.


Hier, j’étais pas mal un enfant glouton.


Digérer mon biscuit à la mélasse.


Ils peuvent peut-être m’hospitaliser.


J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation. J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation.


J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation. Elle avait une fille. Une belle enfant.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


J’me suis déjà fait garder.


Faut dire que j’suis rienque une enfant.


En passant c’matin j’ai un avertissement de la reine.


En passant c’matin j’ai un avertissement de la reine.


Faut que j’sois prudente.


J’ai déjà vécu dans les Hautes Laurentides.


J’ai peur qu’il m’arrive rien.


J’suis l’enfant d’un médecin. J’suis l’enfant d’un médecin.


Guérir de certaines tensions.


Il veut soigner quelque chose mon médecin.


J’vais à l’école avec un médecin. J’vais à l’école avec un médecin.


À l’école avec un médecin.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 22:40

Je suis vraiment chanceuse. La vie m'ammène ce que j'ai besoin de vivre continuellement. Des défis, des joies, des peines, des occasions de mettre des limites, des occasions de me laisser aller. Tout n'est pas toujours facile, mais quand on regarde bien, on peut voir le positif et se concentrer dessus plutôt que sur le négatif.

 

Depuis quelques semaines, j'ai des nouveaux colocataires. Nous avons créé une assez belle dynamique ensemble. Ça fait du bien de retrouver des gens intéressants le soir. Et ça me fait réfléchir aussi. À quel point je peux me laisser flotter sur une dynamique - surtout quand je la trouve agréable. Ah le carpe diem!

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 22:45

Bonjour! J'ai décidé de mettre en ligne une nouvelle que j'ai écrit en secondaire V (j'ai commencé à la retranscrire ici il y a un an, le 19 mai 2013 pour être précise... crisse c'est long quand tu fais juste retranscrire!!). Je venais de vivre ma première rupture et j'avais beaucoup de noir à sortir. Ça a donné ceci. Ce n'est pas un texte super joyeux, mais c'est ça qu'il y avait dans mon coeur à ce moment-là. Ce texte revient me hanter de temps en temps. Les personnages étaient parfaits pour moi. Ils représentent chacun un petit bout de ma noirceur, chacun une de mes vérités, et restent aussi vrais aujourd'hui qu'il y a 13 ans. Et en même temps je crois qu'ils représentent un petit bout de bien du monde. On a tous du noir, du blanc, du gris (mais surtout du gris).

 

Ceci est la partie 1. Il y en a 2. Ou 3, on verra comment j'me sens après avoir retranscrit pendant encore plusieurs heures.

 

Bonne lecture!

 

*****

Je lui ai fait mal. J'ai planté mes griffes dans sa chair et j'ai arraché. J'ai donné des coups de pied de toutes mes forces. Je voulais rester, ou du moins redevenir ce que j'étais: le néant. Ça a duré longtemps. Trois heures, peut-être quatre. Je me débatais sauvagement. Au début, je croyais bien que si j'acceptais de rester, je ne devrais pas partir. On me l'avait caché. C'est la pire trahison. Je me suis battu tant que j'ai pu, je le jure. Autant que j'ai pu, mais le combat était truqué. Elle a eu de l'aide. Toute une armée et un magicien, aussi. Il lui a donné des potions pour me pousser dehors. Tout ce que j'ai fait, c'est la faire souffrir, sans réussir à gagner ma cause. C'est elle qui a gagné. Pourtant j'étais très fâché, oh oui! Je lui ai hurlé de me laisser tomber, j'ai crié que je n'avais pas besoin d'elle. Malgré tout, elle me souriait. Elle n'a pas regretté de me faire sortir, même si je lui ai fait mal! J'ai ressenti beaucoup de colère quand je me suis rendu compte que j'avais besoin d'elle. Je voulais continuer d'être méchant, mais j'avais soif. Après un moment, je n'ai pas pu lui résister, car elle me tentait avec un lait tout chaud. Puis, j'étais quand même confortable, réchauffé entre ses bras.

 

Pendant longtemps encore, je l'ai testée. Mais elle s'occupait toujours de moi. Une fois, elle a pleuré longtemps par ma faute. Je croyais que je pourrais quand même continuer d'être détestable. Je ne voulais pas me faire aimer, ni aimer. Je me suis rendu compte qu'il était trop tard, parce que j'appréciais déjà trop ces moments, couché près d'elle, quand elle me murmurait à l'oreille. J'ai décidé de dormir, même si elle me laissait seul, parce que je savais qu'elle reviendrait toujours.

 

Partout il y a des choses. Des choses douces, d'autres froides et d'autres qui font mal. J'ai touché à quelque chose qui fait mal. Elle a dit "Non!". Maintenant j'ai mal quand je m'assois. J'ai peur des "non". J'en ai déchiré et j'ai eu mal. Je ne touche plus aux "non". Elle est forte. Elle prend des "non" et elle n'a pas mal. Elle est grande et à moi tout seul. Elle a de longues choses douces qui chatouillent quand elle les approche. Elle dit: "che... chevaux". Elle bouge plein de choses devant mes yeux. Je veux tout voir, mais il y a des murs autour de moi. C'est mieux quand elle me prend, car je peux voir beaucoup de choses, haut dans ses bras. Elle me comprend. Quand je ne me sens pas bien, elle me prend et elle me met des choses froides. Et j'arrête de pleurer. Et elle est chaude et douce.

 

Il y a plein de choses que je ne pouvais pas toucher. Maintenant je suis capable. Je me concentre beaucoup et je pousse avec mes jambes. Alors je découvre mes choses. Tout est à moi. Les choses qui font mal, je ne les touche plus. Je prends celles qui sont douces, comme elle. Elle me sourit toujours. Moi aussi je lui souris et ça la fait rire. Quand elle rit, je veux m'approcher pour l'écouter. Elle rit aussi quand je pousse avec mes jambes. Parfois, quand je pousse avec mes jambes, je me fâche, parce que mes jambes ne font pas comme je veux. Mais je recommence toujours, jusqu'à ce que je réussisse. Je ne laisse pas mes jambes décider pour moi. Je ne la laisse pas non plus décider pour moi. Quand elle veut me mettre où il y a des murs, je pousse avec mes jambes et elle revient me prendre. Elle ne décide pas pour moi.

 

J'ai peur. Il me l'a volée. Souvent elle rit, puis elle pleure. Alors je pleure. Maintenant je sais que ce n'est pas des "non". C'est des livres. "Non" c'est quand je touche des choses. Parfois je ne sais pas si je peux toucher des choses, alors je dis "Donne". Si elle dit "non", je ne touche pas. Je n'aime pas avoir mal quand je m'assois. Quand il est à la maison, je reste assis loin. Il crie plus souvent qu'elle. Et il dit souvent "non". Et quand je suis trop près de lui, il dit "non" et j'ai mal. Quand je dis "donne", il ne me regarde pas. Il reste assis, mais moi je dis "donne". J'attends et j'ai faim, mais je ne touche pas.

 

Une fois, j'ai vu le sable. Le sable, il est doux et chaud. Je me couche et je bouge et le sable, il vient sur moi. Je ris quand il est chaud. Je me sens bien. Il y a un mot... elle dit: "fourmis". Il y a beaucoup de fourmis dans le sable. Elles sont douces et je ris. Elles ont des noms, les fourmis. Il y a Sable, Ballon, Chat, Chien et Oiseau. Je les reconnais toutes. Elles sont mes amies. Je les regarde quand elles font des trous dans le sable. Quand je mets du sable dans le trou, elles font un autre trou. Quand j'enlève le sable, il y a beaucoup d'autres fourmis. Mais il ne veut plus que je joue avec le sable et les fourmis. Alors quand il est là, je les regarde de loin.

 

Elle a dit qu'il me donne des coups. Quand j'ai mal, c'est parce qu'il me donne des coups. Alors elle se fâche contre lui. Mais elle aussi me donne des coups. Je le lui ai dit. Elle a dit de ne jamais répéter ça à personne. Elle a dit que je n'étais pas gentil de dire ça. Elle a dit qu'elle avait toujours été mon amie. Alors elle m'a donné des coups. Elle en donne beaucoup. Mais lui, il en donne plus. J'aime mieux quand il n'est pas là.

 

J'ai appris ce que veut dire le mot "aimer". À l'école, elle me l'a dit, la maîtresse. Elle a raconté une histoire sur un petit garçon qui aime son chien. Son chien, il a peur d'aller chez le docteur pour les animaux, mais le petit garçon, il aime son chien et il reste avec lui chez le docteur pour les animaux. Le chien est content et il aime aussi le petit garçon. Elle a dit que les parents aiment leurs enfants. Elle a dit que celui qui aime le plus les enfants, c'est le petit Jésus. Il faut lui demander des choses si on est triste. Il va nous aider parce qu'il est notre ami. J'aime l'école. Je joue avec Katherine. Elle est la maman, moi le papa, et Jeannot est le bébé. Elle me dit ce que je dois dire. Je dois toujours lui dire "je t'aime". Et elle dit "moi aussi". Et elle dit au bébé qu'elle l'aime. Elle a dit qu'elle était méchante et que sa vraie maman ne l'aimait pas. Katherine était tellement méchante que sa maman est partie. Mais son papa, il l'aime. Il dit que c'était sa maman qui était méchante et qu'elle ne reverrait plus jamais Katherine. Il a dit qu'elle ne savait pas comment aimer, la maman à Katherine. Katherine dit qu'elle doit être la maman de la famille. Elle dit "je t'aime" à son papa, elle range sa chambre et elle est capable de faire des repas. C'est elle qui remplit les bols de céréales, qui fait les sandwiches et qui remplit les verres de lait, toute seule. Elle partage les tâches avec son papa et il lui dit qu'il l'aime. Moi, je ne sais pas comment faire des repas. Dans ma maison, c'est toujours elle qui les fait. Mais il dit qu'elle n'est pas bonne. Parfois, il jette son assiette par terre et il va boire une des grandes bouteilles qu'il boit toujours. Il lui crie souvent qu'elle n'est capable de rien. Il lui donne plus de coups qu'à moi. Ils ne se disent pas "je t'aime", comme quand moi et Katherine on joue. Elle pleure quand il n'est pas là et elle pleure quand il est là. Elle ne me sourit plus.

 

L'autre fois, il a jeté son bol et elle a pleuré. J'ai pris un autre bol et j'ai réussi à le remplir de céréales. Je suis allé le lui donner, comme Katherine fait. Il a dit les mots qu'il dit en me donnant des coups et il m'a poussé loin. J'ai eu beaucoup mal à ma jambe et elle est devenue très grosse. Elle a crié avec lui et elle m'a pris pour m'emmener dans l'auto. Moi, j'aime beaucoup aller en auto. Je regarde partout, toutes les couleurs. Il y a toujours beaucoup de choses à regarder et à entendre dans les rues. D'habitude, je peux apporter mon volant à moi, pour que je me pratique, car je vais conduire quand je serai grand. Mais cette fois, on s'est dépêchés d'embarquer dans l'auto. On est allés dans une grande rue puis on est entrés dans une grosse maison. Elle a dit que c'est là que je suis sorti de son ventre, à l'hôpital pour les humains. Elle a dit que c'est là que je suis sorti de son ventre, à l'hôpital pour les humains. Elle a dit que je lui avais beaucoup fait mal. On m'a emmené dans une chaise qui roule et le grand monsieur blanc m'a touché la jambe. Il a dit que j'étais très courageux de ne pas pleurer. Il m'a dit qu'il allait me mettre quelque chose qui ressemble à une couverte blanche autour de la jambe et que ça deviendrait dur. Il va falloir le garder longtemps. Elle lui a dit que j'étais tombé de ma bicyclette. J'ai vu plein de machines pour guérir et tous les docteurs étaient en blanc. Il y avait de la lumière partout. Des gens me souriaient. D'autres garçons plus grands que moi jouaient dans les jeux. Elle n'a pas voulu que je joue moi aussi. J'aime l'hôpital. Il y a beaucoup de choses que je ne connais pas. J'espère que je vais revenir.

 

À l'école, on a fait des dessins. Moi, j'ai dessiné le papa à Katherine avec moi et Katherine. Il y a aussi un coeur avec un chien et une maison avec de la lumière comme l'hôpital. Les autres garçons ont pris mon dessin et ils ont ri. Ils ont dit qu'il n'était pas beau. La maîtresse a dit que mon dessin était très beau et elle m'a donné un "A". J'étais très content d'avoir un "A" comme Nicolas, mais Nicolas m'a poussé. La maîtresse n'était pas contente et elle l'a envoyé dans un coin. Les autres ne me parlent plus. Ils disent que je suis un chouchou. Il y a seulement Katherine qui est mon amie. Elle dit que les autres sont méchants et elle ne leur parle plus. Elle dit qu'on n'a pas besoin d'eux pour jouer au papa et à la maman. Je suis allé manger chez Katherine. Son papa n'a pas crié une fois et il m'a souri. Quand j'ai échappé mon assiette, je me suis caché sous la table. Je pensais qu'il me donnerait des coups, mais son papa a dit que je devais ramasser et qu'il m'aiderait. Et on a ramassé mon assiette les trois ensemble. Et il m'a quand même redonné des légumes et de la viande, avec un dessert. Il a chatouillé Katherine et elle a beaucoup ri. J'aimerais qu'il soit mon papa aussi.

 

Je leur ai dit que je voudrais que le papa de Katherine soit mon papa et ils ont été très fâchés. Il m'a donné beaucoup de coups sur le visage. Elle a essayé de cacher mes bobos pour l'école. Elle m'a mis une poudre qu'elle se met le matin. Elle m'a dit de dire que j'avais reçu une balle de mon ami dans la figure. La maîtresse m'a demandé pourquoi j'avais l'oeil noir. Je lui ai dit que c'était mon ami. Elle a demandé le nom de mon ami et je lui ai dit que je ne savais pas. Quand le papa de Katherine est venu la chercher, il m'a aussi demandé pourquoi j'avais l'oeil noir. J'ai dit la même chose qu'à la maîtresse. Il m'a demandé de lui raconter qui était avec moi quand j'ai reçu la balle. J'ai répondu que je ne le savais pas. Alors elle est arrivée et m'a ramené à la maison. Elle était encore très fâchée et elle pleurait en même temps. Je me suis couché sans manger. Ils ont crié longtemps. Elle a beaucoup pleuré. Deux dodos après, il y a une madame qui est venue chez moi. Elle m'a demandé comment j'avais eu le noir autour de mon oeil. Je lui ai dit que c'était mon ami. Elle m'a demandé de lui dire où habitait cet ami. Je ne savais pas alors je n'ai rien dit. Je les ai regardés. Il avait l'air fâché et elle pleurait. Quand la madame est partie, ils m'ont dit que j'étais très méchant et qu'ils n'auraient pas dû aimer un garçon qui voulait du mal à ses parents. Mais ils ne m'ont pas frappé. Ils ne m'ont pas frappé pendant longtemps après.

 

À l'école, la madame est revenue me voir. Elle m'a emmené dans un bureau. Elle m'a demandé si les papas et les mamans donnent des coups à leurs enfants quand ils sont méchants. J'ai répondu que oui. Elle m'a demandé si j'étais méchant parfois. J'ai répondu que oui. Et après elle m'a ramené dans ma classe et elle est partie. La maîtresse m'a dit qu'elle était mon amie et que je pouvais aller la voir si j'avais de la peine. Moi, mon amie c'est Katherine. C'est ma meilleure amie. Elle a dit qu'on se marierait quand on serait grands. Moi, je veux bien, mais je ne veux pas d'enfant. Katherine sera à moi tout seul. On va aller vivre sur une île déserte, avec plein de bananiers et des pommiers et des arbres qui font pousser de la viande, parce que Katherine aime beaucoup la viande. Et il y aura plein d'animaux avec nous. Il y aura des chiens, des chats, des vaches, des singes, des perroquets, des kangourous, des baleines et des dauphins. Ils seront nos amis. Et je ne donnerai pas de coups à Katherine parce que Katherine ne pleurera jamais. Je l'aime. Et j'aime son papa.

 

La madame est revenue encore à la maison. Elle leur a montré un papier et ils ont commencé à crier. Elle a encore pleuré. La madame a dit de prendre des choses que j'aime beaucoup. J'ai demandé si je pouvais prendre le sable. Elle a dit non. Alors j'ai pris mon chien Doux. Elle a dit qu'elle allait m'emmener voir un autre papa et une autre maman qui m'aimeraient beaucoup. Elle a dit que je serais très bien là-bas. Je les ai regardés. Elle pleurait plus que quand il lui donne des coups. J'avais peur alors j'ai dit à la madame qu'elle était méchante et que je voulais rester chez moi. Je n'avais pas voulu être méchant avec eux alors je l'ai dit à la madame. Elle a dit que ce n'était pas moi qui étais méchant. Elle m'a pris, alors je lui ai donné des coups et j'ai pleuré, mais la madame, elle m'a emmené dans la voiture. J'ai crié au petit Jésus de me ramener dans la maison, mais il n'est pas venu. Je les ai regardés longtemps par la fenêtre de la voiture. Ils auraient dû frapper la madame. Je ne voulais pas y aller. J'avais été trop méchant et ils ne m'aimaient pas. Ils voulaient que la madame m'emmène dans son auto. J'ai demandé au petit Jésus d'arrêter l'auto, mais il ne l'a pas fait. J'étais trop méchant.

 

*****

 

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 22:22

Insomnie... à 22h?

 

Je peux considérer ça comme de l'insomnie quand je suis fatiguée depuis des heures, mais qu'après 1 h au lit, je ne m'endors pas?

 

C'est bizarre la vie. À quoi ça sert? Sempiternelle question qui n'a pas vraiment de réponse. Il y a des enthousiastes qui diront à être heureux. Ok, mais les autres 23 h 45 minutes? (Ne pas voir de référence au sexe ici)

 

C'est bizarre de se poser cette question-là. Ça sert à quoi la vie. Ça sonne plutôt dark, ou trop réaliste. Suis-je devenue cynique? Sûrement un peu.

 

Mais bon, on s'accroche au peu de barreaux hédonistes pendus tout près (dis donc mon vocabulaire ce soir), et... on se gâche, comme on dit. (Beau lapsus, je voulais dire gâte) Je viens de me payer une gâterie. Un nom de domaine tout neuf. Et qui finit en org, en plus. org c'est pour orgasme, pas organisme. Quoique pourquoi ne pas me voir comme un organisme tout entier. Après tout j'ai des projets, une direction pas trop claire (mais quel organisme NG en a de toutes façons), des employés (bon, je fantasme un peu, mais ce serait bien, dis donc), un toit, une vision d'expansion. Ouais, j'suis bien un org.

 

Sinon tout ça, ça baigne. Je suis loin de rentrer dans les normes désirées du gouvernement ou de la moyenne. Même d'un org. Oh quand je suis au travail, je travaille fort, vite et bien. Mais en général, c'est bof. Tsé quand tu viens de passer cinq heures toute concentrée sur ton travail, à te presser pour atteindre les objectifs? Tu lèves la tête et tu te dis que ce furent cinq heures drôlement passées. À faire quoi? Ce n'est pas trop clair. C'est pas trop clair la couleur du mur où on s'en va les humains. Rouge, jaune, caeruléum. Anyways sinon j'aurais fait quoi? De l'insomnie. Mouais...

 

Bref il y aura définitivement tentative de mettre quelques jets prochainement. Suivant des réflexions en cours? Peut-être. Suivant des réflexions de quelqu'un dont le petit animal touffu et bien malgré lui métaphorique court trop? Sûrement!

 

J'espère surtout terminer de vous retranscrire mon récit le plus achevé bientôt, récit écrit à 17 ans dans une passe... Une passe. Il vomit un peu, mais on s'y fait. Tsé l'inconscient, il faut lui donner de la viaaande, si on ne veut pas qu'il nous hante trop.

 

Bisous. Et joie, han, malgré tout.

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 22:19

Oy les amis, n'hésitez pas à commenter. C'est encourageant d'avoir des petits mots qui confirment que certaines personnes ont réagi, aimé, compris, réfléchi...

 

Incontestablement, cette dernière année et demie aura été ma période de re-réveil spirituel. Je ne parle pas exactement de dieu. Dieu, avec une conscience, un amour, qui me regarde moi et me guide, a de l'empathie pour moi, non.

 

J'ai pourtant toujours eu une grande admiration pour la vie, pour la nature. Et plus j'en apprends à propos de spiritualité autochtone, plus je me reconnais. Ce n'est pas pour rien que, petite, quand on allait au Mondial des cultures de Drummondville, j'étais particulièrement attirée et intimidée par les autochtones qui avaient leur petit coin. Ils me semblaient sages et en paix. Proche de la nature comme je me sentais aussi. J'aurais tellement voulu m'asseoir avec eux et me faire raconter de leurs histoires.

 

Jeune j'étais plutôt spirituelle. Je collectionnais les pierres et m'aidais avec leur énergie, je méditais avec une chandelle, je pouvais passer des heures assise en forêt à regarder des fourmis faire un nid et écouter la nature. C'est sûrement ce qui m'a permis de survivre à ce que je vivais à ce moment-là. Mais arrivée dans l'adolescence j'ai un peu mis tout ça de côté. Je l'ai retrouvé de petits bouts, particulièrement durant mes voyages en Asie et mon apprentissage plus "formel" de la méditation.

 

Ce n'est qu'il y a un an et demie que j'ai recommencé plus sérieusement à rechercher les occasions d'explorer ces coins de moi et de l'univers un peu plus troubles et incertains. Et ça m'emmène à travers un beau voyage. Ça reste un voyage passablement réfléchi - parsemé de pensées, comparaisons - mais aussi plein d'émotions vécues, d'émerveillement et de joie, de plus en plus accessibles. Ça me fait sourire.

 

C'est tellement merveilleux de lire et d'en apprendre sur les croyances provenant de religions, de philosophies, de courants et de voir des similitudes. Ou bien simplement de voir que j'ai d'autres "options". Par exemple, la vision cyclique du temps qui est à la base de la plupart des cultures, sauf celle occidentale, qui est plutôt linéaire. Quand je regarde ma façon de me voir dans le monde, je me rends compte à quel point ma vision linéaire de ma place dans le monde me causera souffrances. Je vais me développer tout au long de ma vie en ligne droite, puis mourir. Plutôt que de me voir comme faisant partie d'un cycle qui se répète. Et c'est la même chose avec l'économie. Elle est basée sur une croissance sans fin, qui est impossible. Plutôt que sur un cycle équilibré de consommation.

 

Mais bref en ayant toutes ces réflexions, ça me donne le goût de trouver "la" vérité. Comme s'il y en avait une... au bout de mon grand chemin droit! Il y a tellement d'éléments en commun dans toutes les croyances qui existent, que ça donne envie d'aller gratter un peu plus profond. Qui sait, c'est peut-être en creusant que je trouverai "ma" croyance, imparfaite, compatible avec toutes les autres croyances de la terre, unique. 

 

Ce qui est beau avec la vie, quand je suis capable d'être tendre avec moi-même et de me laisser aller, c'est qu'à chaque découverte, j'ai l'impression d'enlever une couche. Et que dans le milieu, au tout milieu, il y a quelque chose de merveilleux.

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 17:14

C'est aujourd'hui que le jour et la nuit ont une durée identique. Enfin... c'est toujours entre le 21 et le 24 septembre concernant l'équinoxe d'automne de l'hémisphère nord et de printemps de l'hémisphère sud. Cette année, en réalité, l'équinoxe est le 22 septembre et pour être plus précis le moment où la terre atteint un certain angle est à 16h44 au Québec et 14h44 au Honduras.

 

Sinon, aujourd'hui de 20h à 20h30 au Québec ou 18h à 18h30 au Honduras il y aura la prière pour la paix faite par plusieurs personnes à plus de 300 endroits dans plus de 60 pays lors des événements Earthdance - Global Peace Party. C'est un bon moment pour méditer et se connecter avec toutes ces personnes qui seront connectées globalement à ce moment-là. L'an passé j'étais allée à un de ces partys avec ma tite coloc. Cette année, moi et mes comparses canadiennes on va se mettre des chandelles, faire un Oum et ensuite méditer. Ça va être beau. J'ai même de la sauge pour célébrer!

 

Je vous envoie tout mon amour

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 19:57

Avez-vous entendu parler de Raj Patel? Je ne connais pas son histoire, mais j’ai commencé à lire son livre The value of nothing. J’ai décidé de vous en commenter des extraits parce que je le trouve extraordinaire. Il me permet de vraiment comprendre des choses que je sentais plutôt instinctivement. Ou du moins d’avoir des réflexions plus profondes au sujet de l’économie actuelle. Certains passages me font monter les larmes aux yeux tellement c’est révélateur. Je vous conseille fortement de lire son livre si vous sentez vous aussi qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond en ce moment. Ou si au contraire vous trouvez que tout va parfaitement bien…


« Nowadays people know the price of everything and the value of nothing » - Oscar Wilde, il y a une centaine d’années. La situation n’a pas tellement changé.

 

Par rapport à la crise de 2008. Greenspan, le président de la Réserve fédérale américaine a affirmé que l’information utilisée dans les modèles économiques ne couvrait que deux dizaines d’années, ce qui n’était pas suffisant. Si l’information avait été meilleure, les modèles auraient fonctionné et la crise n’aurait pas eu lieu. Pour Patel, le modèle économique au complet est faux. Ce qu’il avance à propos de l’organisation du monde est faux. Pour lui, si nous comprenions à quel point toutes les prémices sur lesquelles sont basées les politiques gouvernementales et économiques sont fausses, nous serions en choc. Ce serait comme de comprendre que notre vision du monde était complètement différente de la réalité. Ce serait de revoir complètement notre façon de conduire nos vies pour une façon considérant une vision plus riche de la nature humaine.

 

Selon Greenspan, les prix sont une façon pour nous de connaître les désirs et les besoins de la planète. Pourtant, il existe une grosse variation entre le prix de quelque chose et sa valeur. Cette différence existe à cause du fait que les prix sont basés sur une économie qui doit faire du profit. C’est ce qui permet à des gens de devenir très riches.

 

Il y a plusieurs personnes qui sont devenues très riche grâce à la théorie de l’efficience des marchés qui dit que les marchés savent mieux régulariser que nous. Cela a permis de mettre de la pression pour que les états restreignent le moins possible les marchés, ce qu’ils se sont empressés de faire. Et ce, malgré de nombreuses démonstrations faites que la théorie ne fonctionne pas, même par des gens l’ayant développée. Et ça a permis à certains de faire de gros gages sur où investir leur argent et de mettre la main sur beaucoup d’argent. Les gens ont entre autres aux États-Unis investi dans l’immobilier, créant une énorme bulle qui a explosé. Le secteur financier était bien en sécurité. Les gouvernements avaient promis d’être là si ça tournait mal. Et c’est ce qu’ils ont fait. Les profits faits par les banques lorsque la bulle a gonflé furent intouchables et furent gardés. Mais le risque de l’affaire était garanti par la société, qui a payé pour rattraper les erreurs du monde financier à travers les gouvernements.

 

C’est pourquoi malgré la crise les gestionnaires financiers les plus hauts placés ont connu en 2009 leur troisième année la plus payante. Les employés de Goldman Sachs entre autres auront reçu dans les plus gros bonus de l’histoire de la firme.

 

Cela indique que la théorie du libre marché camoufle des activités qui ne respectent pas du tout l’idée du libre marché. Entre autres, des législateurs américains sont aussi des employés hauts placés de Wall Street. Est-ce qu’on ne devrait pas se poser des questions de l’apparent manque de distance entre le monde politique et financier ?

 

Une chose que la crise a emmenée, c’est un retour du mot « régulation » dans le monde économique, ce qui ne s’était pas entendu depuis belle lurette. Tranquillement dans la tête des gens et des gouvernements, la crise montre que la théorie du libre marché ne fonctionne pas. Comment le marché sera régulé reste à voir. Depuis les débuts du libre marché, il y a toujours eu du mécontentement à son égard. Mais c’est la première fois que tant de gens demandent un changement en même temps. Et c’est particulier, car c’est la première fois que la demande est globale, et elle arrive en même temps qu’une crise environnementale. En espérant que ça soit suffisant pour faire changer les choses.

 

Patel argumente qu’il n’y a rien de naturel à propos du fait de laisser un marché décider de ce peut être sur le marché et de son prix. Par exemple, il fut un temps où les êtres humains pouvaient faire partie du marché eux-mêmes (esclavagisme). Aujourd’hui, l’idée n’est heureusement plus acceptée légalement nulle part. Cela montre aussi qu’avant que quelque chose puisse être sur le marché, cela doit d’abord être accepté par les gens que la dite chose peut être achetée ou vendue. La plupart des choses qui sont sur le marché aujourd’hui n’ont pas toujours été vues comme des denrées commerciales. Par exemple, les terres, la musique, le travail, la nourriture, etc ont déjà eu un statut ambigu. Cela a pris beaucoup de temps et d’étapes avant que ces choses puissent devenir des denrées commerciales en bonne et due forme. Ce qui nous a permis de devenir propriétaires de choses qui auparavant ne pouvaient appartenir à personne dans la vision générale des choses.

 

J’espère personnellement que le processus contraire puisse et soit fait. Par exemple, par rapport aux terres et à la nourriture. Un monde qui retournerait ces choses d’où elles viennent, hors du marché, serait enviable au monde d’aujourd’hui. C’est difficile pourtant d’imaginer ce monde. La transformation de notre vision des choses  pour penser que les terres et la nourriture (et tranquillement pas vite même l’eau !) a tellement été totale qu’aujourd’hui on ne peut voir le monde autrement et on a tendance à voir les gens qui pensent de cette manière comme des utopistes irréalistes. Voire toi que les terres et la nourriture pourraient être hors du marché !  Pourtant, les gens ont déjà vu le monde de cette façon, et ils étaient aussi humains que nous aujourd’hui !

 

Cela montre que le marché et la société sont beaucoup plus liés qu’on ne le pense, et que le marché dépend en fait beaucoup de la société. La théorie marché capable de s’auto-réguler, totalement séparé de la société, est erroné. Le marché a besoin de la société pour fonctionner. D’ailleurs, ça se voit bien en temps de crise. Le marché a eu besoin de la société pour le rattraper quand il a dérapé. Il n’a pas pu s’auto-réguler et s’est cassé la gueule. C’est pourquoi selon certains auteurs, il ne faut pas parler du gouvernement et du libre marché, mais bien de la société de marché.

 

De la même façon, certains économistes voudraient considérer le marché comme hors du monde naturel, alors qu’il est en plein dedans. On a trop longtemps oublié ce fait. Le marché dépend de la nature – et l’exploite jusqu’à la dernière goutte. Le marché utilise la nature gratuitement et est en fait incapable de payer pour. Sachant cela, on voit que la croissance économique n’est pas pertinente.

 

On nous a tellement mis dans la tête que la façon dont l’économie fonctionne est la seule façon possible pour elle de fonctionner qu’on ne peut plus imaginer d’autre façon de voir le monde. On ne peut qu’imaginer qu’une version plus parfaite d’un marché libre. En plus d’être un délire qui ne voit pas la réalité telle qu’elle est, cela modifie de voir les autres êtres humains. Cela nous éloigne des liens qui nous unissent tous et ne nous fait que considérer les autres comme des co-consommateurs. En tant que consommateur de nourriture, tu peux dire que tu n’es pas d’accord avec la situation actuelle ou bien aller voir un autre producteur. Il n’y a pas de façon de négocier ensemble pour que tous puissent manger.

 

Sachant tout cela, Patel ne dit pas qu’il est contre le marché. Mais il est contre les caractéristiques du marché d’aujourd’hui qui n’est plus basé sur les besoins mais plutôt sur le profit. Le fait de laisser le marché se réguler n’est qu’idéologie, ce n’est pas une chose naturelle. Surtout que ceux qui décident des règles dirigeant le marché sont les puissants de ce monde.

 

Alors comment guérir notre monde ? Patel fait remarquer que les filets sociaux pour limiter la pauvreté existent parce que les gens l’ont demandé. Il n’y a que les gens à l’intérieur du système qui puissent le changer. Il argumente que les changements sociaux ne sont pas un genre de danse entre un marché qui emmène la société vers l’avant et la société qui ramène le marché vers l’arrière. C’est plutôt une symphonie dont chaque mouvement se bâtit à partir du mouvement précédent. C’est beau, non ?

 

Notre futur dépend des actions de la société, certaines utilisant la technologie, d’autres des façons de se battre plus traditionnelles, et de notre imagination pour trouver une façon de voir le monde et le marché différemment. C’est grâce à ces mouvements sociaux que les marchés et ses dirigeants voient leurs actions limitées et cela redéfinit ce qu’est la démocratie.

 

Voilà, autre chapitre pour une autre journée. Je vais aller acheter mon souper ;)

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 10:26

*Ceci est une exagération d'impressions que me donne le monde latin mais qui n'est en fait que la réalité humaine, qu'au Canada on a en général réussi à contrôler grâce aux syndicats et à une certaine ouverture à la critique. Mais il reste au fond de chacun de nous ce bonhomme. Ce bonhomme narcissique qui manque d'empathie. Ce bonhomme dont l'égo est fragile et donc bien important. Ce bonhomme qui au fond souffre de ne pas se respecter soi-même. Il n'est pas exactement le méchant. Parce que la personne en-dessous de lui est un autre bonhomme. Parce qu'il a aussi son bonhomme humain à l'intérieur. J'pense pas que c'est en essayant de l'abattre que le monde sera meilleur. J'pense qu'il faut surtout lui donner un miroir et lui montrer ce qu'il y a en-dedans de tout être humain. Pour qu'il voie qu'il n'est pas victime de cet autre bonhomme en-dessous, ou celui au-dessus, ou celui à côté. Pour qu'il voie qu'il peut se connecter à cet autre bonhomme. Pour qu'il voie qu'il peut ouvrir son coeur sans se le faire trancher. J'en ai fait une caricature et je ne veux pas qu'elle soit imputée au monde latin, parce qu'on la connait tous. Et je ne fais pas exception.

 

Et si le bonhomme à qui il faut donner un miroir et un pont vers les autres était nous-mêmes?

 

***

 

Tu dois te plier quand je passe. Oublie tes pensées, elles ne font que te mêler. Obéis-moi, remercie-moi, baise-moi la main, ou le derrière. Je suis ton boss.

 

Je suis ton bossss, ce qui veut dire que tu m'appartiens. Ça doit se voir sur ton échine courbée. Peu importe si j'ai raison ou non, je ne veux pas que tu ouvres la bouche. Mon jugement est tombé, et c'est le mot dernier. C'est comme ça. Pas facile la vie, hein? Ah, gigotte comme tu veux, pas grave, ma hauteur me donne raison. Ne regarde pas les mains qui m'ont été tendues hier. Ne regarde pas les morceaux de gens sous ma semelle. Ne fais que te rappeler que je mérite cette place sur un muage. Parce que j'ai souffert (ça fait mal au coeur l'odeur du sang). Parce que j'ai travaillé (j'ai oublié mon coeur, mes besoins, mon yin). Ah pis fuck dis-toi juste que ma présence un mètre au-dessus de toi est une fatalité, presque divine. Il faut que tu m'écoutes, un point c'est toute.

 

Ah pis penses pas que je suis un monstre. C'est ça la vie. Il faut souffrir pour être belle comme on dit. Prends ta croix, et porte-la fièrement, comme tout le monde. Ça ferait moins mal si les liens étaient plus lousses? Nan, ça te vaudrait un coussin de moins au paradis, ou une vierge. Non, j'te dis, fais une belle place à ta croix dans ton lit. Plus tu en prends soin, mieux le monde se porte. Ce serait tellement plate un monde où y'a pas la possibilité de monter sur l'échafaud. En-tout-cas, c'est comme ça que j'le vois. Et j'suis ton boss.

 

Ah oui, j'en ai des doutes. Mais ils me mettent mal à l'aise. Ils font mal à mon orgueil. Et puis mon voisin sur son trône il hésite pas. Comme il est beau. Pourquoi moi j'ai ces doutes? C'est mon trop grand coeur. Maudit que j'suis faible. Une vraie fillette. Mais non. Je vais lui prouver à mon voisin de trône. Je vais couper des têtes, il verra à quel point je vois la vie en rouge. Ouf, on a failli voir que je n'étais pas psychopathe. Quelle honte!

 

En fait moi j'suis comme un robin des bois, un beau rebelle. Y'en a qui voudraient mettre des règles au-dessus de ma tête. Mais moi je fais les choses à ma façon, et ma façon est la bonne. J'ai raison, c'est écrit quelque part. Si j'hésite, parti mon pouvoir. On me verra tout nu, normal, tout petit. Faut pas laisser partir mon armée. Ah mais moi j'suis différent. J'suis rebelle. 

 

Qu'est-ce que tu me dis de ta petite voix insignifiante et irrespectueuse? Ah et arrête de respirer aussi fort, tu m'énerves, et moi j'ai raison. Tu me dis que toi aussi, tu as un enfant rebelle à l'intérieur? Ta gueule! Tu n'as que de l'incompétence à partager. Tu es laid, con, gros, stupide, une insulte à mes yeux. Ah! Bon, ton dos est un peu plus rond. Maintenant j't'écoute, petite chose. Oh, avant, va donc me chercher de l'eau. Ah merci, mais j'ai changé d'idée. J'aimerais un coke. Remarque bien que j'ai dit merci, dans ma grandeur d'âme. Bon, oui? Tu rêves à une vie meilleure? Quel ingrat. Mais quel ingrat. Te prends-tu pour dieu? Porte ta croix. T'es chanceux, je te donne la chance d'avoir une meilleure place au ciel. Tu ne veux pas travailler avec moi? T'es comme un saumon qui remonte la rivière. Ça me répugne. Comment oses-tu te regarder dans le miroir? Moi je veux que tu bkvidehfcfekjf. Tu ne m'entends pas? C'est parce que tu es ingrat et que tu n'es pas à l'écoute, sinon tu saurais. En penchant un peu plus ton corps, tu m'entendrais mieux, garanti. Ou tu me sentirais. En-tout-cas, tu me montres là que j'ai raison d'avoir installé ta guillotine. C'est clair. Tu ne veux pas collaborer, après que je t'aie expliqué plusieurs fois. jiyhfcegu. mehufvhod. nedfhuowehfi.

 

Non mais crisse. J'espère qu'au moins en partant tu me feras un cadeau. Déjà, me remercier ce serait la moindre des choses. Mais comment peux-tu encore me demander du pain? Je ne t'ai pas encore coupé la tête assez de fois. Tiens, tiens, tiens. Vas-tu arrêter d'essayer de garder ta tête hors de l'eau? Comment peut-elle encore nager, ça me dépasse. C'est tellement pas naturel ta réaction. Pourquoi tu te débats? Pourquoi tu ne m'écoutes pas? Pourquoi tu ne collabores pas? Tu dois être quelqu'un de bien méchant.

 

Moi je suis beau. Je suis un rebelle, parce que personne ne peut m'en imposer. Je n'écoute personne. Je suis plus fort et j'ai raison. Vous avez des pensées? Vous avez des émotions? Vous réagissez? Vous me dégoûtez. Vous êtes faibles. Moi pas. Et puis je ne veux pas vous entendre, la la la. Moi je suis un humain normal et bon. C'est tout vous autres, ma gang de pas fins qui ne collaborez pas. Estie que vous m'faites chier. Vous ne savez donc pas? J'ai raison. Un point c'est tout. 

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 13:21

Pourquoi est-ce qu'il faut dormir la nuit? Après tout, la "nuit" n'existe pas vraiment, ce n'est qu'une impossibilité pour les rayons d'une étoile suffisamment proche d'atteindre une partie de la terre (où la personne qui donne un nom à cette éphémérité se trouve) de façon momentanée. Alors pourquoi on dort la nuit? On pourrait dormir quand on est fatigués. On a l'électricité pour voir, de toute façon. 

 

Peut-être parce que nos sociétés sont organisées autour du phénomène sécurisant. La nuit, le jour, la nuit, le jour... Si l'on veut participer à "quelque chose de productif" (le travail), c'est en général le jour. Et puis, il y a notre corps. J'imagine que les premiers humains survivaient mieux quand ils vivaient le jour car ils pouvaient chasser mieux le jour sous la lumière? Mais pourquoi n'ont-ils pas simplement développé une meilleure vision (par voie de sélection naturelle, peut-être)? Peut-être pour avoir certaines vitamines dont la production est enclenchée par le contact du soleil sur la peau? Mais alors, nous au Nord, l'hiver, quand il fait noir à notre entrée au bureau et à sa sortie, comment fait-on pour survivre? Donc mettons qu'aujourd'hui, notre corps aurait besoin du soleil pour bien fonctionner, alors on a continué d'organiser nos sociétés de cette façon. Mais il y a bien des gens qui vivent de façon un peu "alternative" de ce côté. 

 

Hmm... à quoi ressemblerait une société qui déciderait de s'organiser autour de la nuit pour faire changement?

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 17:38

 

Je suis un manque d’amour

D’un noir terrible, sans vibrations

La peinture qu’on a tenté d’y mettre s’est perdue en chemin

 

Le bleu, le jaune, le rose, le violet

Noir

 

Aujourd’hui je n’ai plus de pinceaux

Ensorcelée

J’observe, je pleure

Tout va au fond du puits sans fond

Je ne sais comment regarder

Sans frissonner

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