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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 01:34

J'ai quitté le Danemark cet après-midi. Ça me fait quand même plaisir de savoir que j'y retourne une dernière soirée et que quelques-uns des amis de N que j'ai rencontrés vont passer la soirée avec nous. Ce sera une belle soirée de départ je crois. Enfin, une deuxième, car j'en aurai une le soir d'avant en France. Et dans les deux cas, je devrai me lever très tôt. Bravo moi!

Copenhagen... c'est drôle l'impression que cette ville m'a donné. C'est une hyper belle ville, une des plus belles que j'ai vues. Et pas d'une beauté qui veut t'en mettre plein la vue. Une beauté simple, raffinée et de bon goût. C'était exactement ce que j'avais pensé de leur aéroport. Beau et propre, sans être trop riche.

Les gens sont en général calmes et réservés au Danemark. Un peu à l'asiatique, même. Il semble y avoir plusieurs règles sociales pour garder le tissu assez serré et que ça fonctionne. Un ami de N m'a dit que la différence entre leur pays et les États-Unis, c'est que les gens font généralement confiance au gouvernement au Danemark, et que ça prend ça pour donner autant d'impôts. Mais il y a une tendance, même au Danemark, à ce que les choses changent. Là aussi, le discours ambiant insiste sur une économie plus forte, et aussi la sécurité, depuis l'attentat il y a quelques semaines (il y a d'ailleurs plusieurs policiers armés avec leurs gros fusils visibles qui patrouillent la capitale - au début j'étais surprise de voir ça, mais on m'a dit que c'est très anormale, puisqu'on voit peu les policiers habituellement). Par contre, au Danemark, tous leurs partis sont plus à gauche qu'à bien d'autres endroits, alors ça va prendre beaucoup de changements avant que la démocratie sociale disparaisse.

Un mythe que j'avais sur le Danemark avant: qu'assurément, les étudiants s'en sortent sans dettes. Eh bien, ce n'est pas une vérité absolue. Tous les étudiants reçoivent de l'argent quand ils étudient. Cependant, ils ont aussi le choix de recevoir un montant de prêt mensuel (je crois environ 1500$) qui s'accumule le long de leurs études. J'ai donc rencontré un ami de N qui a plus de dettes d'études que moi! J'ai appris ça lors d'une soirée de club de livre passée avec Ni et trois amis autour de beaucoup de vin. N est même partie rejoindre son copain et deux de ses amis sont restés 2h30 de plus. On a discuté de politique une partie de la nuit!

Suite bientôt! Là je suis avec mon ancien coloc et on se couche. Une grosse journée m'attend demain avec sa coloc actuelle qui va me faire visiter Lyon. J'aurai seulement rencontré du monde extra cool ici! :)

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 12:00
Plus de bicyclettes

Plus de bicyclettes

Val au Danemark!

Je suis partie sur un coup de tete en Europe. Deux semaines et hop! Je pars.

Je suis arrivee au Danemark il y a deux jours. Voici des petits textes random.

Honnetete

Ca me fait un peu penser au Japon. On marche quand meme pas mal sur le systeme d'honneur ici. Par exemple, a l'aeroport, apres le carroussel de bagages (ou je ne suis meme pas arretee car, fierement, je n'ai qu'un sac a dos leger ici et un petit sac a bandouliere qui rentre dans le sac a dos), on choisit entre le couloir j'ai quelque chose a declarer et le couloir je n'ai rien a declarer. J'ai pris celui ou je n'avais rien a declarer et je me suis retrouvee en sol danois, avec aucune etampe dans mon passeport et apres n'avoir vu personne. Bon, je suis possiblement illegalement au Danemark au moment ou je vous parle, mais j'espere bien que non (lol?).

Sinon, les bicyclettes ne sont barrees que pour empecher la roue de tourner. Ils ne les barrent pas a un poteau ou rien. C'est special. Mon amie N laisse sa bicyclette de meme dans le parking. Elle m'a quand meme dit qu'il y avait beaucoup de vols de bicyclettes, mais apparemment pas assez pour que les gens barrent leurs bicyclettes aux poteaux.

Bicyclettes

Ce n'est vraiment pas une blague que les bicyclettes sont partout ici. Et les cyclistes sont vraiment aggressifs. Pas besoin des petits costumes de cyclistes comme chez nous pour aller a la vitesse de l'eclair et depasser tout le monde, avoir la bicyclette de ma grand-meme est suffisant. En plus, il y a des tuk tuk dans lesquels les parents mettent leurs enfants, ou tout simplement pour les bagages. Les styles de bicyclettes (surtout de paniers) sont varies.

Val au Danemark!
Premiere heure

Pendant la premiere heure au Danemark, qu'ai-je vu passer? Un groupe de troubadours royaux. Est-ce la routine ici ou je suis juste vraiment chanceuse?

 

Val au Danemark!
Val au Danemark!

Printemps

Cette annee, j'aurai 3 printemps. Un danois, ou il fait plus ou moins 5 degres (j'avais quand meme tres fois le premier jour, a cause de la fatigue). Un francais, ou il fera 15 degres le jour. Et un canadien, dans encore plusieurs semaines. J'adore le printemps! Ne vous meprenez pas par le beau ciel bleu et ensoleille dans les photos par contre. N m'a confirme que j'ai ete super chanceuse pour ma premiere journee et que le soleil est exceptionnel. Eh ben!

Sur cette photo, je ne sais pas si vous voyez, mais la terrasse est ouverte. Right on!

Val au Danemark!

Langue

Le danois parle est hyper dur. Par contre, je crois que ca irait relativement vite a apprendre a l'ecrire. Il y a beaucoup de choses en commun avec l'allemand et meme parfois l'anglais... ou le francais ;)

J'ai achete un jus de pommes qui goute l'orange... oups!

Val au Danemark!
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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 11:29

J'suis à un café en ce moment. J'ai vécu un beau moment poétique.

Une dame s'est assise à une table pas trop loin de moi. Elle avait une déficience mentale très apparente. Assez frêle, environ 50-60 ans. Elle s'est mise à parler relativement fort pendant peut-être 30 minutes. 
J'ai retranscrit ses paroles. Je vous jure que je ne les ai pas changées (mais il y a une dizaine de phrases que je n'ai pas comprises alors je ne les ai pas écrites). Pour vous mettre dans le contexte, elle disait ces phrases comme on lit un poème de façon sèche, sans changer le ton. Et il y avait parfois plusieurs secondes, même minutes, entre ses phrases. Il ressortait un mélange de tristesse, de solitude et de simplicité de son monologue.
Je ne crois pas que je fus seule à me sentir comme cela. Quand elle est partie, les gens se sont mis à parler. Avant ça, ils l'écoutaient un peu, aussi. :)

Moi j’suis l’enfant.


L’enfant glouton d’un médecin.


Travailler un peu.


L’enfant glouton d’un médecin.


Travailler un peu.


Mon intervenant en avait plein les bras.


Une enfant qui ne peut plus voir ma maman.


Une enfant qui ne peut quasiment plus voir mon papa.


Jeudi, j’suis allée dans un restaurant. Il y avait la cour provinciale qui me gardait.


L’enfant glouton d’un médecin.


Hier soir, mon intervenant m’a bourrée d’un bon biscuit à la mélasse pis un bon muffin au chocolat.


Hier soir, mon intervenant m’a bourrée d’un bon biscuit à la mélasse pis un bon muffin au chocolat.


Travailler un peu.


Hier, je ne savais plus comment retenir ma faim. Mais là j’suis capable.  


Hier, mon intervenant m’a bourrée.


Moi j’suis ben drôle au mois de décembre.


Moi j’suis ben drôle au mois de décembre.


Faut pas que j’aille les yeux malades, là, moi.


Faut pas que j’aille les yeux malades.


Encore mon biscuit à la mélasse puis mon muffin au chocolat puis mon biscuit à la mélasse dans l’corps.


J’suis la chère enfant d’un médecin.


Hier, j’étais pas mal un enfant glouton.


Digérer mon biscuit à la mélasse.


Ils peuvent peut-être m’hospitaliser.


J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation. J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation.


J’ai-tu reconnu madame Ginette. Une agente en réadaptation. Elle avait une fille. Une belle enfant.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


On peut dire que mes papas adoptifs, c’est les policiers.


J’me suis déjà fait garder.


Faut dire que j’suis rienque une enfant.


En passant c’matin j’ai un avertissement de la reine.


En passant c’matin j’ai un avertissement de la reine.


Faut que j’sois prudente.


J’ai déjà vécu dans les Hautes Laurentides.


J’ai peur qu’il m’arrive rien.


J’suis l’enfant d’un médecin. J’suis l’enfant d’un médecin.


Guérir de certaines tensions.


Il veut soigner quelque chose mon médecin.


J’vais à l’école avec un médecin. J’vais à l’école avec un médecin.


À l’école avec un médecin.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 22:40

Je suis vraiment chanceuse. La vie m'ammène ce que j'ai besoin de vivre continuellement. Des défis, des joies, des peines, des occasions de mettre des limites, des occasions de me laisser aller. Tout n'est pas toujours facile, mais quand on regarde bien, on peut voir le positif et se concentrer dessus plutôt que sur le négatif.

 

Depuis quelques semaines, j'ai des nouveaux colocataires. Nous avons créé une assez belle dynamique ensemble. Ça fait du bien de retrouver des gens intéressants le soir. Et ça me fait réfléchir aussi. À quel point je peux me laisser flotter sur une dynamique - surtout quand je la trouve agréable. Ah le carpe diem!

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 22:45

Bonjour! J'ai décidé de mettre en ligne une nouvelle que j'ai écrit en secondaire V (j'ai commencé à la retranscrire ici il y a un an, le 19 mai 2013 pour être précise... crisse c'est long quand tu fais juste retranscrire!!). Je venais de vivre ma première rupture et j'avais beaucoup de noir à sortir. Ça a donné ceci. Ce n'est pas un texte super joyeux, mais c'est ça qu'il y avait dans mon coeur à ce moment-là. Ce texte revient me hanter de temps en temps. Les personnages étaient parfaits pour moi. Ils représentent chacun un petit bout de ma noirceur, chacun une de mes vérités, et restent aussi vrais aujourd'hui qu'il y a 13 ans. Et en même temps je crois qu'ils représentent un petit bout de bien du monde. On a tous du noir, du blanc, du gris (mais surtout du gris).

 

Ceci est la partie 1. Il y en a 2. Ou 3, on verra comment j'me sens après avoir retranscrit pendant encore plusieurs heures.

 

Bonne lecture!

 

*****

Je lui ai fait mal. J'ai planté mes griffes dans sa chair et j'ai arraché. J'ai donné des coups de pied de toutes mes forces. Je voulais rester, ou du moins redevenir ce que j'étais: le néant. Ça a duré longtemps. Trois heures, peut-être quatre. Je me débatais sauvagement. Au début, je croyais bien que si j'acceptais de rester, je ne devrais pas partir. On me l'avait caché. C'est la pire trahison. Je me suis battu tant que j'ai pu, je le jure. Autant que j'ai pu, mais le combat était truqué. Elle a eu de l'aide. Toute une armée et un magicien, aussi. Il lui a donné des potions pour me pousser dehors. Tout ce que j'ai fait, c'est la faire souffrir, sans réussir à gagner ma cause. C'est elle qui a gagné. Pourtant j'étais très fâché, oh oui! Je lui ai hurlé de me laisser tomber, j'ai crié que je n'avais pas besoin d'elle. Malgré tout, elle me souriait. Elle n'a pas regretté de me faire sortir, même si je lui ai fait mal! J'ai ressenti beaucoup de colère quand je me suis rendu compte que j'avais besoin d'elle. Je voulais continuer d'être méchant, mais j'avais soif. Après un moment, je n'ai pas pu lui résister, car elle me tentait avec un lait tout chaud. Puis, j'étais quand même confortable, réchauffé entre ses bras.

 

Pendant longtemps encore, je l'ai testée. Mais elle s'occupait toujours de moi. Une fois, elle a pleuré longtemps par ma faute. Je croyais que je pourrais quand même continuer d'être détestable. Je ne voulais pas me faire aimer, ni aimer. Je me suis rendu compte qu'il était trop tard, parce que j'appréciais déjà trop ces moments, couché près d'elle, quand elle me murmurait à l'oreille. J'ai décidé de dormir, même si elle me laissait seul, parce que je savais qu'elle reviendrait toujours.

 

Partout il y a des choses. Des choses douces, d'autres froides et d'autres qui font mal. J'ai touché à quelque chose qui fait mal. Elle a dit "Non!". Maintenant j'ai mal quand je m'assois. J'ai peur des "non". J'en ai déchiré et j'ai eu mal. Je ne touche plus aux "non". Elle est forte. Elle prend des "non" et elle n'a pas mal. Elle est grande et à moi tout seul. Elle a de longues choses douces qui chatouillent quand elle les approche. Elle dit: "che... chevaux". Elle bouge plein de choses devant mes yeux. Je veux tout voir, mais il y a des murs autour de moi. C'est mieux quand elle me prend, car je peux voir beaucoup de choses, haut dans ses bras. Elle me comprend. Quand je ne me sens pas bien, elle me prend et elle me met des choses froides. Et j'arrête de pleurer. Et elle est chaude et douce.

 

Il y a plein de choses que je ne pouvais pas toucher. Maintenant je suis capable. Je me concentre beaucoup et je pousse avec mes jambes. Alors je découvre mes choses. Tout est à moi. Les choses qui font mal, je ne les touche plus. Je prends celles qui sont douces, comme elle. Elle me sourit toujours. Moi aussi je lui souris et ça la fait rire. Quand elle rit, je veux m'approcher pour l'écouter. Elle rit aussi quand je pousse avec mes jambes. Parfois, quand je pousse avec mes jambes, je me fâche, parce que mes jambes ne font pas comme je veux. Mais je recommence toujours, jusqu'à ce que je réussisse. Je ne laisse pas mes jambes décider pour moi. Je ne la laisse pas non plus décider pour moi. Quand elle veut me mettre où il y a des murs, je pousse avec mes jambes et elle revient me prendre. Elle ne décide pas pour moi.

 

J'ai peur. Il me l'a volée. Souvent elle rit, puis elle pleure. Alors je pleure. Maintenant je sais que ce n'est pas des "non". C'est des livres. "Non" c'est quand je touche des choses. Parfois je ne sais pas si je peux toucher des choses, alors je dis "Donne". Si elle dit "non", je ne touche pas. Je n'aime pas avoir mal quand je m'assois. Quand il est à la maison, je reste assis loin. Il crie plus souvent qu'elle. Et il dit souvent "non". Et quand je suis trop près de lui, il dit "non" et j'ai mal. Quand je dis "donne", il ne me regarde pas. Il reste assis, mais moi je dis "donne". J'attends et j'ai faim, mais je ne touche pas.

 

Une fois, j'ai vu le sable. Le sable, il est doux et chaud. Je me couche et je bouge et le sable, il vient sur moi. Je ris quand il est chaud. Je me sens bien. Il y a un mot... elle dit: "fourmis". Il y a beaucoup de fourmis dans le sable. Elles sont douces et je ris. Elles ont des noms, les fourmis. Il y a Sable, Ballon, Chat, Chien et Oiseau. Je les reconnais toutes. Elles sont mes amies. Je les regarde quand elles font des trous dans le sable. Quand je mets du sable dans le trou, elles font un autre trou. Quand j'enlève le sable, il y a beaucoup d'autres fourmis. Mais il ne veut plus que je joue avec le sable et les fourmis. Alors quand il est là, je les regarde de loin.

 

Elle a dit qu'il me donne des coups. Quand j'ai mal, c'est parce qu'il me donne des coups. Alors elle se fâche contre lui. Mais elle aussi me donne des coups. Je le lui ai dit. Elle a dit de ne jamais répéter ça à personne. Elle a dit que je n'étais pas gentil de dire ça. Elle a dit qu'elle avait toujours été mon amie. Alors elle m'a donné des coups. Elle en donne beaucoup. Mais lui, il en donne plus. J'aime mieux quand il n'est pas là.

 

J'ai appris ce que veut dire le mot "aimer". À l'école, elle me l'a dit, la maîtresse. Elle a raconté une histoire sur un petit garçon qui aime son chien. Son chien, il a peur d'aller chez le docteur pour les animaux, mais le petit garçon, il aime son chien et il reste avec lui chez le docteur pour les animaux. Le chien est content et il aime aussi le petit garçon. Elle a dit que les parents aiment leurs enfants. Elle a dit que celui qui aime le plus les enfants, c'est le petit Jésus. Il faut lui demander des choses si on est triste. Il va nous aider parce qu'il est notre ami. J'aime l'école. Je joue avec Katherine. Elle est la maman, moi le papa, et Jeannot est le bébé. Elle me dit ce que je dois dire. Je dois toujours lui dire "je t'aime". Et elle dit "moi aussi". Et elle dit au bébé qu'elle l'aime. Elle a dit qu'elle était méchante et que sa vraie maman ne l'aimait pas. Katherine était tellement méchante que sa maman est partie. Mais son papa, il l'aime. Il dit que c'était sa maman qui était méchante et qu'elle ne reverrait plus jamais Katherine. Il a dit qu'elle ne savait pas comment aimer, la maman à Katherine. Katherine dit qu'elle doit être la maman de la famille. Elle dit "je t'aime" à son papa, elle range sa chambre et elle est capable de faire des repas. C'est elle qui remplit les bols de céréales, qui fait les sandwiches et qui remplit les verres de lait, toute seule. Elle partage les tâches avec son papa et il lui dit qu'il l'aime. Moi, je ne sais pas comment faire des repas. Dans ma maison, c'est toujours elle qui les fait. Mais il dit qu'elle n'est pas bonne. Parfois, il jette son assiette par terre et il va boire une des grandes bouteilles qu'il boit toujours. Il lui crie souvent qu'elle n'est capable de rien. Il lui donne plus de coups qu'à moi. Ils ne se disent pas "je t'aime", comme quand moi et Katherine on joue. Elle pleure quand il n'est pas là et elle pleure quand il est là. Elle ne me sourit plus.

 

L'autre fois, il a jeté son bol et elle a pleuré. J'ai pris un autre bol et j'ai réussi à le remplir de céréales. Je suis allé le lui donner, comme Katherine fait. Il a dit les mots qu'il dit en me donnant des coups et il m'a poussé loin. J'ai eu beaucoup mal à ma jambe et elle est devenue très grosse. Elle a crié avec lui et elle m'a pris pour m'emmener dans l'auto. Moi, j'aime beaucoup aller en auto. Je regarde partout, toutes les couleurs. Il y a toujours beaucoup de choses à regarder et à entendre dans les rues. D'habitude, je peux apporter mon volant à moi, pour que je me pratique, car je vais conduire quand je serai grand. Mais cette fois, on s'est dépêchés d'embarquer dans l'auto. On est allés dans une grande rue puis on est entrés dans une grosse maison. Elle a dit que c'est là que je suis sorti de son ventre, à l'hôpital pour les humains. Elle a dit que c'est là que je suis sorti de son ventre, à l'hôpital pour les humains. Elle a dit que je lui avais beaucoup fait mal. On m'a emmené dans une chaise qui roule et le grand monsieur blanc m'a touché la jambe. Il a dit que j'étais très courageux de ne pas pleurer. Il m'a dit qu'il allait me mettre quelque chose qui ressemble à une couverte blanche autour de la jambe et que ça deviendrait dur. Il va falloir le garder longtemps. Elle lui a dit que j'étais tombé de ma bicyclette. J'ai vu plein de machines pour guérir et tous les docteurs étaient en blanc. Il y avait de la lumière partout. Des gens me souriaient. D'autres garçons plus grands que moi jouaient dans les jeux. Elle n'a pas voulu que je joue moi aussi. J'aime l'hôpital. Il y a beaucoup de choses que je ne connais pas. J'espère que je vais revenir.

 

À l'école, on a fait des dessins. Moi, j'ai dessiné le papa à Katherine avec moi et Katherine. Il y a aussi un coeur avec un chien et une maison avec de la lumière comme l'hôpital. Les autres garçons ont pris mon dessin et ils ont ri. Ils ont dit qu'il n'était pas beau. La maîtresse a dit que mon dessin était très beau et elle m'a donné un "A". J'étais très content d'avoir un "A" comme Nicolas, mais Nicolas m'a poussé. La maîtresse n'était pas contente et elle l'a envoyé dans un coin. Les autres ne me parlent plus. Ils disent que je suis un chouchou. Il y a seulement Katherine qui est mon amie. Elle dit que les autres sont méchants et elle ne leur parle plus. Elle dit qu'on n'a pas besoin d'eux pour jouer au papa et à la maman. Je suis allé manger chez Katherine. Son papa n'a pas crié une fois et il m'a souri. Quand j'ai échappé mon assiette, je me suis caché sous la table. Je pensais qu'il me donnerait des coups, mais son papa a dit que je devais ramasser et qu'il m'aiderait. Et on a ramassé mon assiette les trois ensemble. Et il m'a quand même redonné des légumes et de la viande, avec un dessert. Il a chatouillé Katherine et elle a beaucoup ri. J'aimerais qu'il soit mon papa aussi.

 

Je leur ai dit que je voudrais que le papa de Katherine soit mon papa et ils ont été très fâchés. Il m'a donné beaucoup de coups sur le visage. Elle a essayé de cacher mes bobos pour l'école. Elle m'a mis une poudre qu'elle se met le matin. Elle m'a dit de dire que j'avais reçu une balle de mon ami dans la figure. La maîtresse m'a demandé pourquoi j'avais l'oeil noir. Je lui ai dit que c'était mon ami. Elle a demandé le nom de mon ami et je lui ai dit que je ne savais pas. Quand le papa de Katherine est venu la chercher, il m'a aussi demandé pourquoi j'avais l'oeil noir. J'ai dit la même chose qu'à la maîtresse. Il m'a demandé de lui raconter qui était avec moi quand j'ai reçu la balle. J'ai répondu que je ne le savais pas. Alors elle est arrivée et m'a ramené à la maison. Elle était encore très fâchée et elle pleurait en même temps. Je me suis couché sans manger. Ils ont crié longtemps. Elle a beaucoup pleuré. Deux dodos après, il y a une madame qui est venue chez moi. Elle m'a demandé comment j'avais eu le noir autour de mon oeil. Je lui ai dit que c'était mon ami. Elle m'a demandé de lui dire où habitait cet ami. Je ne savais pas alors je n'ai rien dit. Je les ai regardés. Il avait l'air fâché et elle pleurait. Quand la madame est partie, ils m'ont dit que j'étais très méchant et qu'ils n'auraient pas dû aimer un garçon qui voulait du mal à ses parents. Mais ils ne m'ont pas frappé. Ils ne m'ont pas frappé pendant longtemps après.

 

À l'école, la madame est revenue me voir. Elle m'a emmené dans un bureau. Elle m'a demandé si les papas et les mamans donnent des coups à leurs enfants quand ils sont méchants. J'ai répondu que oui. Elle m'a demandé si j'étais méchant parfois. J'ai répondu que oui. Et après elle m'a ramené dans ma classe et elle est partie. La maîtresse m'a dit qu'elle était mon amie et que je pouvais aller la voir si j'avais de la peine. Moi, mon amie c'est Katherine. C'est ma meilleure amie. Elle a dit qu'on se marierait quand on serait grands. Moi, je veux bien, mais je ne veux pas d'enfant. Katherine sera à moi tout seul. On va aller vivre sur une île déserte, avec plein de bananiers et des pommiers et des arbres qui font pousser de la viande, parce que Katherine aime beaucoup la viande. Et il y aura plein d'animaux avec nous. Il y aura des chiens, des chats, des vaches, des singes, des perroquets, des kangourous, des baleines et des dauphins. Ils seront nos amis. Et je ne donnerai pas de coups à Katherine parce que Katherine ne pleurera jamais. Je l'aime. Et j'aime son papa.

 

La madame est revenue encore à la maison. Elle leur a montré un papier et ils ont commencé à crier. Elle a encore pleuré. La madame a dit de prendre des choses que j'aime beaucoup. J'ai demandé si je pouvais prendre le sable. Elle a dit non. Alors j'ai pris mon chien Doux. Elle a dit qu'elle allait m'emmener voir un autre papa et une autre maman qui m'aimeraient beaucoup. Elle a dit que je serais très bien là-bas. Je les ai regardés. Elle pleurait plus que quand il lui donne des coups. J'avais peur alors j'ai dit à la madame qu'elle était méchante et que je voulais rester chez moi. Je n'avais pas voulu être méchant avec eux alors je l'ai dit à la madame. Elle a dit que ce n'était pas moi qui étais méchant. Elle m'a pris, alors je lui ai donné des coups et j'ai pleuré, mais la madame, elle m'a emmené dans la voiture. J'ai crié au petit Jésus de me ramener dans la maison, mais il n'est pas venu. Je les ai regardés longtemps par la fenêtre de la voiture. Ils auraient dû frapper la madame. Je ne voulais pas y aller. J'avais été trop méchant et ils ne m'aimaient pas. Ils voulaient que la madame m'emmène dans son auto. J'ai demandé au petit Jésus d'arrêter l'auto, mais il ne l'a pas fait. J'étais trop méchant.

 

*****

 

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 22:22

Insomnie... à 22h?

 

Je peux considérer ça comme de l'insomnie quand je suis fatiguée depuis des heures, mais qu'après 1 h au lit, je ne m'endors pas?

 

C'est bizarre la vie. À quoi ça sert? Sempiternelle question qui n'a pas vraiment de réponse. Il y a des enthousiastes qui diront à être heureux. Ok, mais les autres 23 h 45 minutes? (Ne pas voir de référence au sexe ici)

 

C'est bizarre de se poser cette question-là. Ça sert à quoi la vie. Ça sonne plutôt dark, ou trop réaliste. Suis-je devenue cynique? Sûrement un peu.

 

Mais bon, on s'accroche au peu de barreaux hédonistes pendus tout près (dis donc mon vocabulaire ce soir), et... on se gâche, comme on dit. (Beau lapsus, je voulais dire gâte) Je viens de me payer une gâterie. Un nom de domaine tout neuf. Et qui finit en org, en plus. org c'est pour orgasme, pas organisme. Quoique pourquoi ne pas me voir comme un organisme tout entier. Après tout j'ai des projets, une direction pas trop claire (mais quel organisme NG en a de toutes façons), des employés (bon, je fantasme un peu, mais ce serait bien, dis donc), un toit, une vision d'expansion. Ouais, j'suis bien un org.

 

Sinon tout ça, ça baigne. Je suis loin de rentrer dans les normes désirées du gouvernement ou de la moyenne. Même d'un org. Oh quand je suis au travail, je travaille fort, vite et bien. Mais en général, c'est bof. Tsé quand tu viens de passer cinq heures toute concentrée sur ton travail, à te presser pour atteindre les objectifs? Tu lèves la tête et tu te dis que ce furent cinq heures drôlement passées. À faire quoi? Ce n'est pas trop clair. C'est pas trop clair la couleur du mur où on s'en va les humains. Rouge, jaune, caeruléum. Anyways sinon j'aurais fait quoi? De l'insomnie. Mouais...

 

Bref il y aura définitivement tentative de mettre quelques jets prochainement. Suivant des réflexions en cours? Peut-être. Suivant des réflexions de quelqu'un dont le petit animal touffu et bien malgré lui métaphorique court trop? Sûrement!

 

J'espère surtout terminer de vous retranscrire mon récit le plus achevé bientôt, récit écrit à 17 ans dans une passe... Une passe. Il vomit un peu, mais on s'y fait. Tsé l'inconscient, il faut lui donner de la viaaande, si on ne veut pas qu'il nous hante trop.

 

Bisous. Et joie, han, malgré tout.

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 01:33

Ce soir (ou cette nuit), j'ai envie de me donner une tape dans le dos. J'ai fait ma première danse du feu avec poi. Et c'était beau! J'entendais le feu rugir comme je le faisais tourner autour de moi, comme s'il était émotionnellement allumé d'avoir été réveillé. Ça me donne encore des frissons.

 

Une tape dans le dos, parce que ce soir a compté, a été vécu, a été présent, malgré que ce n'est pas évident au travail ces temps-ci et que j'ai appris une nouvelle qui a teinté ma soirée de mélancolie. Mais malgré que mon coeur ait pris quelques droites en pleine face ces temps-ci, le bonheur peut co-exister, et l'intérêt à des activités n'est pas feint, enfin! On dirait que ma vie depuis moi la pousse fut une grande noirceur sans fin, mais que je vois maintenant des petites lucioles arc-en-ciel vibrer autour de moi.

 

Je m'assure que ce sont mes efforts, mes brisures, mes prises de directions dans la brume qui me permettent de voir de nouvelles couleurs émerger. Tout n'est plus fade, et une petite fleur peut amener toute une game d'émotions et de ressentis qu'il ne m'était permis que d'observer et d'analyser par le passé. Je sens que c'est un petit fil de rien du tout, mais il est fait en kevlar.

 

Alors merci moi!

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 22:37

Tiens, cet après-midi, j'ai aspiré un peu de bonne fumée verte. Ça m'a inspiré plein de pensées. Des pensées joyeuses, surtout. Joyeuses! 

 

J'y mets un point d'exclamation simplement parce que j'ai vu une différence. Normalement, quand je prends ce chemin, ça me stresse. Je suis continuellement en jugement de moi-même, et je ressens fort ce grand vide.

 

Mais pas tantôt, pas aujourd'hui. Et ça me dit que j'ai changé. La plus belle chose qui soit changée, c'est que je m'accepte dans mes imperfections. Pas toujours, pas à 100%, mais ça fait une maudite belle différence comparé à mon habitude. J'ai envie d'être seule? C'est correct. C'est juste moi, aujourd'hui. Mais ça ne me définit pas.

 

Et juste là, j'ai compris ce que voulait dire se connaître soi-même. Aller vers cette connaissance, ça avait toujours été flou. Ça veut dire quoi? Essayer plein de choses et voir ce qu'on aime? Oui, un peu. Mais aussi, et surtout, c'est une affirmation de tout ça. Même pas une affirmation face aux autres. Juste une affirmation face à soi. Face à ce qui se passe en dedans. Au lieu d'un jugement, une observation de qui on est. C'est très très fort en termes de contrôle de l'anxiété. Mais bref, ça n'aide peut-être personne, parce que je l'avais lu et relu. C'est juste là que je le comprends.

 

Mais, ça, ça va peut-être aider quelqu'un. Cet hiver, j'ai trouvé une route super rapide au développement personnel et à la connaissance de soi. C'est une route qui en demande beaucoup, par contre. On ne peut pas être super occupés et être sur cette route. Moi j'ai eu la chance d'être seule dans un appartement pendant trois mois cet hiver. Je pouvais pleurer, danser, maudire, écrire, être bordellique pendant quelques jours. Je sais que le cheminement n'est pas fini, et j'ai envie de le pousser, mais je ne peux pas encore, puisque je suis présentement très occupée et que le résultat serait négatif.

 

Alors voici le truc: remettre ses pensées en question. Ça a l'air un peu simple, mais c'est vraiment efficace. C'est aussi très difficile parce que l'orgueil (l'égo) et les réflexes vont à l'encontre de ce processus de remises en questions. Mais c'est aussi très doux. Une fois certaines choses de remises en question, il y a d'autres choses que l'on accepte naturellement chez soi.

 

Moi j'ai fait cela à travers l'écriture. L'écriture est vraiment efficace pour atteindre des couches très profondes. Étant donné qu'on peut se relire, on peut voir tous nos patterns beaucoup plus facilement et alors ça nous amène à écrire autre chose qui contiendra encore des choses à remettre en question. J'écrivais aussi par sujet. Quand un sujet me venait en tête, je le mettais comme titre à un nouveau paragraphe et j'écrivais. Ou si le sujet existait déjà, je continuais le paragraphe entamé. En datant chaque nouvelle addition à mon recueil. Et comme ces réflexions en amenaient d'autres plus vite que je pouvais écrire, je prenais les nouveaux sujets en note. Comme ça, ça me permettait d'exprimer beaucoup de choses qui devaient l'être et par la suite d'analyser les patterns d'où venaient les pensées entrecroisées ensemble.

 

Par contre, cela devait être fait main dans la main avec un désir de vivre mes émotions. D'ailleurs, avant d'en arriver à cette petite thérapie par soi-même, j'ai appris pendant plusieurs mois à vivre mes émotions. Quand j'en avais une, j'allais me coucher et je me laissais la vivre. Relâchement total, après un bout. On observe son corps, les sensations dans le ventre, la gorge serrée, les larmes qui coulent. On observe notre désespoir, sans l'arrêter ou le juger. On sens les vagues de colère qui passent et on les laisse passer. Ça fait du bien de vivre l'émotion comme elle vient sans se juger. Ça décrispe un peu. Et après, je pensais à ce que je pouvais faire pour que la même situation ne revienne pas. Soit en me demandant quelque chose à moi-même, soit en demandant à quelqu'un de me soutenir dans ma démarche.

 

C'est très difficile à faire, ce chemin vers la responsabilisation de ce qui m'arrive, ayant été schizophrène dans mon identitié, entre bonne petite fille qui suit le droit chemin des bonnes notes et de la crise d'adolescence discrète et la jeune activiste qui refusait de faire la vaisselle (puisqu'on le demandait à la fille et non aux fils) ou de manger de la viande à 10 ans. Soumise quand j'avais besoin d'être aimée, enragée quand y'avait un trop-plein. Mais en remettant tout en question, y'a pas de choix, ça mène à la responsabilisation. Et en se remettant en question soi-même et non en se faisant remettre en question par quelqu'un d'autre, ça permet de commencer à baser son identité sur ce que l'on voit et non ce que les autres voient de soi.

 

Je donne un exemple du processus de remise en question. Alors il y a une collègue qui m'ignore complètement. Quand c'est le temps de choisir le restaurant où nous irons manger, elle demande leur opinion à tous sauf moi, et ce n'est pas la première fois que ça arrive. Je reviens à la maison et, en me mettant à y penser, mes larmes coulent et je suis enragée. Je laisse mes larmes couler et je ne juge pas le fait qu'elles coulent pour si peu (à mon âge!). Ou je juge, mais je mets ça de côté et me reconcentre sur mes émotions et pleure de plus belle.

 

Après la séance de larmes et une bonne nuit de sommeil si besoin est, je me mets à écrire. Au début, j'écris que ma collègue est injuste. Que je lui en veux et que si elle me voyait pleurer, elle se sentirait sûrement mal. Puis, après avoir écrit quelques lignes dans ce sens, je me rends compte que je lui donne beaucoup de pouvoir. Et même en poussant plus loin, que c'est une situation où je lui donne un pouvoir dont elle se fout sur moi. Il n'y a que moi qui suis en réaction dans la situation présente. Elle ne pense rien à propos de moi, elle vaque à ses occupations. Et là je me dis qu'elle est égoïste, qu'elle pourrait prendre en compte ce que son attitude fait sur moi avant d'agir. Puis je vois à nouveau que je me pose en victime d'elle. C'est plus facile de pleurer sur mon sort dans mon coin que de l'affronter.

 

Et je me rends compte que je me mets souvent dans des situations pareilles où les gens doivent me donner de la place, sinon je ne la prends pas. Et que je suis alors fâchée contre eux et je vis de l'injustice. Et là je pense à toutes les fois où je me sentais presque soulagée de me poser en victime et ça déclenche un gros jugement contre moi-même. Alors je me remets à pleurer et mon jugement est très déclenché et ma colère, aussi. Puis après quelques minutes, je me reconcentre sur mes émotions. Je mets ma main sur mon ventre et j'observe. Et goûte à mes larmes. Je sens mes muscles crispés. Puis je me calme et je recommence à écrire.

 

Là je remets en question le fait de me juger. Oui, je me suis mise souvent dans le rôle de victime. Non, je ne suis pas méchante et indésirable pour autant. Juste penser cela, c'est me victimiser doublement. Alors je me dis que c'est correct de m'être posée en victime et que je suis en apprentissage. Et je me dis que je vais être plus attentive à cela maintenant, vu que j'ai pu le reconnaître une fois. 

 

Puis je me dis que je n'ai qu'à oublier ça, que toute la situation était dans ma tête, et qu'en fait elle m'apprécie autant que les autres. Puis je remets ça en question. Oui, les émotions que j'ai ressenties m'appartenaient, et à moi seulement. Oui, je les ai laissées prendre beaucoup de place. Mais elles ont été déclenchées par une réelle omission de prendre mon opinion en compte, ce qui a déclenché quelque chose de gros chez moi. Et ça pourrait se reproduire. En fin de compte, elle a pu avoir plusieurs raisons pour ne pas me consulter, mais ce n'est pas un oubli passager, car ça fait plusieurs fois que ça se produit. 

 

Alors, je me rends compte que ne m'affirmant que très peu, il est possible qu'elle se soit rendu compte que de ne pas demander mon opinion était sans conséquences. Peut-être qu'elle en a conclu que je préférais que les autres prennent les décisions à ma place, ou peut-être qu'elle a réellement un problème avec moi et espère que de m'ignorer me fera quitter le groupe de collègues. Peu importe, de toute façon, moi mon besoin d'être reconnue, donc aimée n'est pas satisfait dans la situation. Alors je me demande comment je peux faire pour ne pas me remettre dans cette même situation.

 

Et je me rends compte que je ne peux pas contrôler les autres s'ils ne veulent pas coopérer, je ne peux que modifier mes actions moi-même. Alors je me demande comment je peux agir pour que ça me satisfasse. Et j'en conclus qu'au moment où elle parlait aux autres de l'activité, j'aurais facilement pu dire quelque chose comme ah oui je trouve que ce restaurant est bon, je suis d'accord, ou non, j'aimerais mieux aller à tel endroit. J'aurais aussi pu dire directement que ça m'intéresse d'y aller avec eux mais que je ne connais pas de bon restaurant. Si j'avais besoin qu'on m'écoute, je pouvais prendre la responsabilité de mon besoin et l'exprimer. Et si je ne suis pas écoutée par la suite, par aucun collègue, et que ça se reproduit, je pourrais remettre en question ces relations et décider de ne pas me mêler aux autres parce que la situation ne m'apporte pas de plaisir.

 

Peu importe la solution, il faut que ça passe par une action de ma part. Ce qui augmente automatiquement mon niveau de responsabilisation de moi-même. Et peut-être que ça m'emmène à observer pourquoi le fait de ne pas être consultée déclenche mon sentiment d'être rejettée. Et je peux faire le lien avec des expériences similaires dans le passé et me rendre compte que je saute à la conclusion que la situation est la même dans le présent. Et je peux remettre en question ce sentiment de rejet. Puis par la suite je peux me remettre encore plus en question et donner aux gens le droit de ne pas vouloir passer du temps avec moi pour toutes sortes de raisons qui ont plus ou moins rapport avec ma personne, sans que ça ne définisse quoi que ce soit de réel à propos de moi.

 

Et avec chaque ''cycle'' de remise en question, je me responsabilise et je me connais mieux. Je m'affirme davantage et je me sens mieux dans ma peau. Je vis plus mes émotions et ça me permet de plus ressentir ce qu'il y a autour de moi et en moi, d'être davantage dans le moment présent. Je ressens donc plus le négatif sans que ça me plonge autant dans la déprime, car ça vient et ça part, et je vis plus intensément les émotions positives qui m'habitent et qui sont stimulées plus facilement par les petites choses simples de la vie (le soleil, le vent, les bonnes odeurs...).

 

Alors voilà un exemple fictif de ce qui peut se passer en moi quand je vis un moment difficile et que j'utilise la remise en question pour devenir plus qui je suis. C'est moi qui n'ai aucun diplôme ou expérience soutenue là-dedans qui me suis développée cette façon de faire, alors, allez-y molo si ça ne va vraiment pas bien, car ça peut être intense par bouts d'attaquer son égo comme ça. J'espère que ça pourra aider quelqu'un à avancer, et n'hésitez pas à laisser des commentaires! 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 11:28

Citation de Marie Guay, lectrice de Radio-Canada

 

"C'est malheureux pour M.Legault, dans toute les stations de radio, les gens dans la rue, ils votent pour Couillard le nez bouché juste pour ne pas que Pauline Marois rentre au pouvoir. Il me semble qu'élire un partie politique à la tête de sa province ou son pays doit correspondre à tes valeurs et non à bloquer un autre partie. Ce sont les pires élections cynique que je vis depuis que j'ai le droit de voter soit 20 ans..."

 

Oui, tellement oui. Le cynisme à son meilleur cette année. Et moi, si je ne veux absolument pas que le parti libéral revienne, je fais quoi? Je vote selon mes valeurs ou je vote "stratégique" laid? J'ai entendu plein d'appels au ralliement derrière le PLQ par fédéralistes et anglophones. Est-ce que je dois en conclure que pour eux l'identité est plus importante que les autres valeurs? Que je dois faire le choix - sans le vouloir expressément - de l'identité moi aussi, si je veux protéger les quelques valeurs plus similaires aux miennes qu'incarne le parti québécois (un jeu du "votons pour le moins pire")? Est-ce qu'on va être pris dans ce cyle infernal à jamais?

 

Moi ce qui me fait peur du fédéralisme, c'est que les fédéralistes convaincus que j'ai entendus, ils sont très à droite, comparé à mes valeurs. Très "aujourd'hui l'économie telle qu'elle est, on s'en fout si demain cette économie ne fera plus de sens, c'est aujourd'hui que l'on vit et c'est ça la réalité". Très enfermés dans des boîtes desquelles la créativité ne peut les sortir. C'est dire que c'est ça le Canada? Un peuple tranquille, plutôt conservateur, qui ne remet pas en question l'ordre mondial des choses parce qu'il est confortable et c'est suffisant? Qui écrase à coup de jugements ceux qui se lèvent pour faire bouger les choses ou exiger une meilleure répartition des richesses, un meilleur accès au bonheur pour tous? Est-ce qu'en restant une partie du Canada, les valeurs qui nous habitaient au Québec vont tranquillement s'estomper et qu'on sera entraînés dans le flot du neo-libéralisme côte-à-côte avec les autres Canadiens?

 

Ça me rend triste, parce qu'avec le clivage politique qui a lieu en ce moment, anglophones et francophones québécois et progressistes ne pourront encore une fois pas se prendre par la main pour faire avancer les choses dans une direction meilleure pour tous.

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 00:25

Ce n'est pas facile de revenir. Tout est pareil à l'extérieur, alors que le dedans a été tourné et retourné. Des conflits intérieurs, promis.

 

Je reconnais les gens, je reconnais des lieux qui me rappellent de bons et mauvais souvenirs. Je suis parfois heureuse de voir tout ça. Parfois j'aimerais juste être de nouveau à l'école de cirque au Nicaragua. Ils viennent de finir leur festival d'arts de la rue. Ca a dû être beau. Pourquoi n'y étais-je pas? Ah oui, mes engagements de retour.

 

Parfois je me demande si d'être responsable ça me garde en santé mentale ou si ça ne m'empêche pas plutôt de me rencontrer. Pas que les coups de tête soient particulièrement représentatifs de quelqu'un de libre. Ou que d'oublier les autres fasse de qui que ce soit une personne qui se mette réellement au premier plan. Ce qu'on fait à un autre, on le fait au final à nous-mêmes, vu qu'on ne fait qu'un. Ou le karma. Ou whatever, ça parle tout de la même chose.

 

Mais parfois je sais que je beurre épais sur le politically correct. Au final ça goûte trop fort. Ca goûte quasiment le Jésus. Tiens, ça me fait drôlement penser à quelqu'un ça. Quelqu'un qui, quand elle joue les saintes, m'enrage. Parce que ça sonne faux. Ca sonne comme quelqu'un qui doit garder sa belle image coûte que coûte, qui doit être un bien nécessaire pour d'autres même si ça les met dans la marde, sinon elle ne veut plus rien dire. Doesn't make sense anymore. Ma mère. Moi. Toi. J'ai pas envie d'être Jésus. Mais j'veux faire du sens.

 

Faut dire que juste le voir, le reconnaître, ça fait du bien. Ok, ça déchire et j'ai envie d'me faire un beau fuck you bien senti, mais au moins à partir de là ça se travaille.

 

Si j'retourne au sujet secondaire, est-ce que c'est pas un peu malsain ces oeillères? Ces oeillères qui gardent mon cap vers... direction inconnue. Mais on dirait que ce lieu où je m'en vais, il est crissement différent de TOUT ce qui m'entoure. Parce que rien, et en même temps tout, me fait bifurquer de cet étrange chemin. Comme si j'attendais d'être assez haut sur la falaise avant d'ouvrir mes ailles toutes grandes. Parce que les ouvrir avant m'encombrerait pour le reste du chemin vers le haut? C'est comme si de me lancer en vrai de vrai dans une direction m'engagerait pour aujourd'hui, demain et jusqu'à la fin des temps. J'ai toujours eu cette crainte. Est-ce parce que mettons c'est un peu ce que mes parents ont choisi de faire de leur vie? Hop, je saute dans un bogey et je ne peux pas en sortir sinon c'est l'apocalypse (et on ne veut pas ça, l'apocalypse). Ou ce sont des problèmes d'attachement? Mais là ça ne change rien, je reste attachée à ce chemin en attendant, qui on dirait ne passe par personne totalement et nulle part de précis certainement.

 

Ah pis arrête de chialer, grande escogriffe, devrais-je dire. Après tout, il y a une toi qui est morte. La nouvelle a déjà une couche de pas salé de moins - sans avoir tué Jésus. Si vous comprenez ce que je veux dire. J'ai quand même sauté à petits pas dans mes expériences de voyage. Et j'ai grandi - ouf oui!

 

Mais là c'est le retour. Il ne faut pas s'attendre trop du retour. Et j'aime mieux recevoir mon retour en pleine face là que dans six mois, ou six ans. Eh que c'était beau le Nica. Y'a tu moyen de le garder vivant en dedans, à travers la nouvelle moi, même s'il est mort ou pas fort en dehors? Ca serait-tu ça vivre une version saine de l'attachement à un ancien amour? Une moi en construction, forte de tous mes anciens amours vécus honnêtement qui vibrent en-dedans. Ca sonne beau en crisse en-tout-cas. J'ai envie d'être cette belle femme-là.

 

Hier, j'ai dansé. Pour la première fois je me suis avoué honnêtement que ça ne m'a pas rendue si joyeuse que ça. Mais sans m'enlever le goût d'y aller. C'est comme si je pouvais accepter ce vide de sens temporaire d'être parmi un groupe que je sens bizarre parce que je dois le réapprivoiser - ou plutôt l'apprivoiser vu que celui-là ne l'a jamais été. Tout ça avec une conscience du stress qui permet de vivre l'expérience sans la rejetter et en ayant envie de lui donner du temps. Parce que je me connais mieux et que j'accepte que parfois le petit hamster il court trop vite. C'est comme ça, mais ce n'est pas éternel. Juste accepter ça, ça fait des miracles.

 

Yes, hier en allant danser le swing, j'suis allée tout bonnement faire danser un des fêtés de la semaine. Je n'étais pas excellente. J'ai même fini la chanson avec lui et ça a eu l'air de le décevoir un peu. Ben crisse, le petit hamster il a bougé une tite affaire, puis il a continué son chemin sans over-exerciser. Comme la foule, j'ai observé, peut-être jugé une seconde, puis je suis passée à ma prochaine danse. Pas de petit sentiment inconfortable durant la soirée. Pas de retour là-dessus avant de me coucher. Pas de jugement du jugement non plus. Juste un moment présent qui a eu lieu un peu plus naturellement qu'il aurait eu lieu avant. Je ne m'en suis rendu compte qu'aujourd'hui. Et ce fut de toute beauté. J'me suis fait sécher les dents pas mal.

 

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